La basse-cour de la poule pondeuse

Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants

La diversification alimentaire (1) 2 avril 2008

Suite à la demande de kim/helene, j’aborde aujourd’hui ce sujet épineux. Un vaste débat, sur lequel les spécialistes s’écharpent copieusement, et sortent sans ciller des déclarations strictement contradictoires à quelques années d’intervalle. De quoi s’arracher les cheveux. Et en attendant il faut bien nourrir nos poussins, dans un contexte où on nous abreuve déjà de recommandations alimentaires contraignantes en continu avec à la clé les pires menaces pour notre santé si on ne les suit pas rigoureusement. Le stress total.

J’ai poussé le sens du sacrifice jusqu’à acheter le magazine Parents de ce mois-ci (bon OK j’ai un penchant coupable pour la lecture de magazines, de préférence à faible valeur intellectuelle ajoutée), qui consacre un article aux nouvelles règles de la diversification. Celui-ci est basé sur un papier récent pondu par le comité Nutrition de la très sérieuse European society for paediatric gastroenterology, hepatology and nutrition (ESPGHAN), qui s’est lui-même largement inspiré des recommandations de l’OMS. A priori, il s’agit donc des connaissances scientifiques les plus précises et les plus pointues du moment. Par ailleurs ils reconnaissent de fortes variations dans les recommandations et les pratiques adoptées tant entre pays européens qu’au sein de chaque Etat. C’est vous dire l’imbroglio !

Pour une fois la plupart des études qui ont conduit à ces recommandations ont été faites sur des enfants allaités, et les auteurs reconnaissent qu’il y a très peu d’infos sur ceux nourris au lait maternisé. Cependant, même si des différences sont probables, ils préfèrent proposer des recommandations générales pour éviter d’ajouter à la (grande) confusion déjà en place. Et au passage ils signalent que l’OMS a publié de nouvelles courbes de croissance pour les enfants allaités, sauf que je n’ai pas réussi à mettre la main dessus, grmbl.

Voici leurs principales recommandations :

  • Il est souhaitable d’allaiter exclusivement jusqu’à 6 mois. Ne pas introduire d’autre aliment (solide ou liquide) que le lait (maternel ou maternisé) ou l’eau avant 17 semaines, et commencer au plus tard à 26 semaines
  • Attendre pour introduire des aliments potentiellement allergènes (comme le poisson et l’oeuf) n’a pas montré d’efficacité pour éviter les allergies, même chez les enfants « à risque ». Par contre l’allaitement exclusif jusqu’à six mois est la prévention la plus efficace.
  • Pendant la diversification, plus de 90% des besoins en fer de l’enfant doivent être couverts par les aliments solides, qui doivent donc être riches en fer.
  • Ne pas remplacer le lait maternel ou maternisé par du lait de vache avant un an, notamment à cause de sa faible teneur en fer
  • Il vaut mieux introduire le gluten entre 4 et 7 mois, de façon progressive et de préférence pendant que l’enfant est encore allaité, pour réduire notamment les risques d’allergie et de diabète.
  • Les bébés végétariens doivent consommer un minimum de 500 ml par jour de lait et produits laitiers, et un régime végétalien n’est pas recommandé pour eux (ni pour leur mère si elle allaite exclusivement).

D’autres idées et constatations intéressantes glanées lors de la lecture de ce papier :

  • Forcer un enfant à manger un aliment tend à augmenter son aversion pour celui-ci, tandis que l’interdiction d’un autre va le rendre plus désirable (ce sont des observations statistiques, pas un simple raisonnement logique !).
  • Les nouveaux-nés sont naturellement attirés par le sucré, mais la nourriture qui va leur être donnée peut significativement atténuer cette tendance.
  • Sans surprise, les boissons sucrées et jus de fruit ne sont donc pas recommandées, et surtout pas dans un biberon au lit (notamment pour le risque de carie).
  • Les très jeunes enfants doivent avoir au moins 25% de gras dans leur alimentation (une grande partie est fournie par le lait), surtout s’ils mangent peu ou sont sujets à des infections chroniques.
  • Au niveau du développement psycho-moteur, les auteurs considèrent que vers 6 mois le poussin sait manger à la cuillère (plutôt que d’en téter le contenu, en gros), vers 8 mois peut « gérer » de la nourriture grossièrement hâchée, avec de petits morceaux, et entre 9 et 12 mois acquière la capacité de se nourrir et de boire seul, surtout avec les doigts. A ce moment-là, il peut commencer à avoir un régime très proche de celui du reste de la famille.

Voilà donc l’état de l’art de la science sur le sujet, ça ne veut pas dire qu’il faut tout suivre aveuglément (d’autant plus qu’on risque de nous dire encore autre chose dans quelques mois/années). Mais au moins on peut faire ses choix en connaissance de cause. Dans un prochain billet, quelques idées d’ordre plus pratique.

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La zapette à gosse 1 avril 2008

Filed under: Trucs et astuces — poulepondeuse @ 7:48
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zapette On en a tous rêvé, The spoon sisters l’a fait : la télécommande Control A Kid. Disponible ici, elle inclut les fonctions suivantes :

  • tiens-toi tranquille
  • stop (valable pour n’importe quelle activité, attitude, etc)
  • non (s’applique notamment à cigarette, tatouage et piercing)
  • des touches plus spécifiques, comme range ta chambre, mange des légumes, dis bonjour à la dame, grandis un peu, fais tes devoirs, dis merci, fais la vaisselle, ne réponds pas
  • un bouton énergie, qui permet d’augmenter (spécial ado léthargique) ou de diminuer (pour bambin hyperactif) à plaisir le niveau de la cible

Et bien sûr le must : Arrête ça (je rajouterais bien : tout de suite).

Si ça ne marche pas, on peut toujours la refiler à la cible pour faire une heureuse diversion.

(OK j’arrête avec mes trucs à la con et demain j’essaie de vous faire un vrai billet).

Découvert grâce à 7 sur le web.

 

Les chaussons en cuir souple 28 mars 2008

robeez Jeunes et futurs parents, si vous avez réussi à échapper à la vague montante des chaussons en cuir souple, voici une occasion de vous rattraper. Euh c’est quoi ces chaussons ? Ce sont donc d’adorables petits chaussons en cuir, qui ont les avantages suivants :

  • Grâce à leurs maousses petits élastiques, ils ne tombent pas et sont très difficiles à enlever par les petits doigts. Pas besoin de vérifier toutes les 5 minutes qu’ils sont toujours là (surtout dans le porte-bébé), c’est sûr, ils y sont (et les chaussettes aussi).
  • Ils sont tellement souples et fins qu’ils ne gênent absolument pas le poussin qui n’a jamais cherché à s’en débarrasser.
  • Ils tiennent très bien et ne gênent pas pour le quatre pattes (voir points 1 et 2). Testé et approuvé par le poussin qui est une star du quatre pattes et du rampage en tout genre.
  • Ils sont anti-dérapants, ce qui est un énorme atout dès que le poussin commence à se mettre debout. Notre petit explorateur en porte même par-dessus son pyjama histoire de limiter les gamelles.
  • Comme ils sont très souples (voir point 2), ils permettent au poussin d’apprendre à marcher avec quasiment les sensations du pied nu et sans entraver le développement de son petit peton (non on n’a pas besoin de chaussures spéciales pour apprendre à marcher, le pied c’est ‘achement bien fait). Par contre ça lui évitera d’attraper une pneumonie sur le carrelage de la cuisine.
  • Ils passent à la machine (ou leur aspect lisse fait qu’en général un petit coup d’éponge et voilà).
  • Ils sont très très jolis, vu le choix vous trouverez forcément un modèle qui vous fera craquer.
  • Il y a (selon les marques) des sandalettes pour l’été et des bottines fourrées pour l’hiver, et selon les marques les tailles peuvent aller jusqu’à 3 ans voire plus.
  • Si le poussin marche et que la semelle devient trop lisse, un petit coup de papier de verre ou un passage en machine et le tour est joué.

Inconvénients :

  • Ils sont très très jolis, vu le choix vous trouverez forcément plein de modèles qui vous feront craquer. Et le prix n’est pas vraiment proportionnel à leur adorable petite taille.

J’ai découvert grâce à une amie qui a offert au poussin sa première paire de Robeez (la marque la plus connue -avec un exemple sur la photo- et je crois la première), depuis il ne les a quittés que certains jours d’été où il était pieds nus (j’en ai racheté d’autres quand même, ses pieds ont grandi…). Je suis une fan absolue et j’en fais un prosélytisme acharné (d’où ce billet). La nounou qui ne connaissait pas (et qui voit des gosses depuis un bout de temps) a aussi été séduite.

La question qui doit maintenant logiquement vous tarauder est : où se procurer ces petites merveilles. Internet est probablement votre meilleure option. Il y a ici un post qui récapitule des tas de marques et de sites marchands (plus forcément à jour malheureusement). C’est un peu comme les couches lavables, il y a 18 nouveaux sites qui apparaissent et 11 qui disparaissent chaque jour, sans compter les modèles qu’on retrouve sur différents sites à différents prix, bref c’est un peu la jungle (sauf qu’a priori pour les chaussons tous les modèles vont à tous les poussins). On commence même à en trouver dans des magasins plus tradis, comme ici. Ensuite c’est plus une question de goût et de priorité (veut-on du bio, du cousu main, du cuir de bufflone de l’Himalaya septentrional…). Personnellement, j’achète surtout les Shoes zoo sur ebay (merci a n g e l pour le tuyau) car la qualité est bonne et les prix défient toute concurrence.

Et dès que le poussin trotte, un petit article sur les chaussures pour aller dans le grand monde hostile du dehors.

 

Give me a sign 12 mars 2008

Filed under: 12-24 mois,6-12 mois,Education,Tests — poulepondeuse @ 2:11
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(attention une référence culturelle musicale de haute volée s’est cachée dans le titre)

signe

Je crois que je ne vais pas tester pour vous : signer avec bébé. Mais reprenons depuis le début. Au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué, j’aime bien zoner sur le net et chercher toutes les nouvelles idées pour me dépatouiller avec mon poussin. Donc fatalement, j’ai fini par tomber sur cette idée : avant que l’enfant n’acquière le langage parlé, on peut lui apprendre des rudiments de langue des signes pour qu’il puisse communiquer plus facilement. Génial, me dis-je : enfin je vais savoir s’il veut encore de la purée, ou plutôt aller changer sa couche. Pour une fois en prime je convaincs le coq de participer à ma dernière lubie. Donc nous allons sur un joli site internet apprendre quelques signes de base (j’adore « papa ») et commençons à assortir nos phrases de gestes façon De Funès dans Rabbi Jacob. Jusqu’ici, tout va bien.

J’en parle avec enthousiasme à ma mère, elle trouve ça naze. Je relativise (entre autres parce qu’elle m’avait aussi dit que je pouvais rentrer de la maternité en voiture avec le poussin dans les bras si le coq ne conduisait pas trop vite). Mais le doute s’est insinué. Deux jours plus tard, je me rends dans un éminent laboratoire de psychologie de l’enfant afin de leur prêter le poussin comme cobaye. Oui, je suis comme ça moi, prête à tout pour la science. En plus on n’a rien eu en échange, même pas un café pour moi. Bref, je profite de ce que je suis avec des pros pour leur demander leur avis.

Eh bien, comme l’avait laissé entendre ma mère, leur opinion est formelle : ça ne servirait à rien. Gloups. La science est formelle : les enfants savent très bien faire comprendre leurs besoins basiques à leurs parents. Effectivement, j’ai réalisé qu’avec 90% de succès environ, le coq et moi savons s’il faut nourrir, changer (l’odeur… quoi que avec les lavables on sent beaucoup moins) ou coucher notre poussin. Et puis la période entre premiers signes et premiers mots serait assez courte, quelques mois au plus.

Du coup, naïfs et influençables comme on est, on a laissé tomber. Je laisse quand même les liens sur le sujet (voir la petite boîte « sites utiles » sur le côté), si il y en a que ça tente. Et je serais très intéressée par les témoignages de ceux/celles avec des enfants plus grands : vous avez essayé ? ou vous pensez que ça aurait pu vous servir ? Les commentaires sont ouverts.

(photo : http://www.forbaby.com.au/modules/babynews/article.php?id=4)