La basse-cour de la poule pondeuse

Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants

Des nouvelles du front 28 février 2008

corde linge J’ai fait les premiers tests de mes lavables. Pour le moment j’ai essayé chacune des quatre une fois. Globalement, ça s’est plutôt bien passé. La manipulation n’est pas forcément plus complexe, juste un peu différente, à mon avis une fois qu’on a pris ses marques ça doit rouler tout seul. Même les couches dites « classiques » avec culotte de protection n’ont pas été trop difficiles à mettre. Une seule petite fuite est à déplorer, et après plus de 3 heures de port. Et la couche n’avait été « prélavée » qu’une seule fois. Le papier magique est à peu près fonctionnel, et en cas de dégâts un coup de douchette et c’est parti (sur la polaire en tout cas, les autres tissus ne sont pas tombés sur le ticket magique). Pour le moment, je pense donc continuer sur cette voie. Reste à choisir le ou les modèle(s) gagnant(s), mais je me laisse encore un peu de temps.

Je dois dire que malgré tout le bien qu’on dit du bambou, je ne suis pas très chaude sur cette matière car elle est très très longue à sécher (+ de 24 heures). Or j’ai une machine à laver pourrie (essorage max : 750 tr/min), et je ne peux faire sécher mon linge qu’à l’intérieur. Donc c’est un critère très important pour moi, d’autant plus qu’il est clair que je ne pourrai pas faire de lessive tous les jours. J’aime bien aussi l’effet « au sec » et « caca s’en va tout seul » de la polaire. Mais on peut mettre une simple doublure de polaire sur une autre matière donc ça n’est pas gênant. J’aimerais finalement présenter les modèles à la nounou pour qu’elle participe au choix, histoire qu’elle se sente impliquée et que tout se passe bien.

Quelques réflexions pratiques :

  • Il va falloir réorganiser la salle de bains. Autant avec les couches jetables on peut faire un joli petit tas qui prend pas trop de place, autant là ça ne s’empile pas du tout. Un petit panier bien situé serait pas mal à mon avis. Il faut aussi prévoir une aire de transit de la couche sale (hors de portée des petites mains) car si caca il faut aller le vider dans les toilettes. Donc on ne peut pas mettre directement la couche dans le seau. Si nécessaire, il faut aussi pouvoir aérer les culottes qu’on n’utilise pas (je les ai accrochées à la poignée du placard).
  • La garde-robe du poussin risque de passer à la taille supérieure un peu plus vite que prévu. Même les couches dites fines sont plus épaisses qu’une jetable saturée. Par contre j’ai l’impression que le volume n’augmente pas vraiment quand la couche absorbe. En tout cas pas de jean slim pour poussin. Les bodys un peu justes je ne les ai pas fermés ; sinon je ne mets que la pression du milieu pour éviter les fuites.
  • Deuxième effet kiss cool : quatre couches, même avec inserts, doublures et tout le tremblement, ça ne vous remplit pas un lave-linge. Et à trois on n’a pas de quoi compléter tous les jours. Donc tout est super propre chez nous : je viens de laver nos peignoirs et nos draps pour compléter (en deux machines quand même). A ce rythme-là demain j’attaque les rideaux.

Voilà pour cette fois, une fois que j’aurai testé plusieurs fois les couches (et lavé, et relavé, et relavé, en espérant avoir enfin une idée correcte de leur capacité d’absorption), et notamment de nuit je ferai un petit bilan sur les + et les – de chaque modèle.

(image : http://www.journalletoile.com/article-124221-Le-bonheur-dune-corde-a-linge.html)

 

Parts de marché

Filed under: 6-12 mois — poulepondeuse @ 10:52
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psuisse Hier visite du 9ème mois pour le poussin. Je vous passe sur l’héroïsme avec lequel j’ai sauvé le stéthoscope du pédiatre en faisant diversion avec un abaisse-langue, et aussi sur la délicatesse du praticien qui a évité de me demander pourquoi il avait un bleu au milieu du front (notez que je m’attends néanmoins à un débarquement de la DDASS et de la PMI à tout moment). A ce propos, j’ai encore perdu une part de naïveté en découvrant que les enfants qui apprennent à marcher ne tombent pas sur les fesses, bien amorties par les couches (lavables ou autres). Non, surtout si comme le poussin ils ont un périmètre crânien qui n’est toujours pas rentré dans les courbes, ils tombent sur la tête. Aïe.

Bref. Le pédiatre m’interroge sur les menus du poussin. J’ai passé sous silence une bonne partie de son alimentation (pieds de table et chaise, chaussures, eau du bain, roues de poussette…), je ne suis quand même pas si naïve. Mais j’ai avoué que malgré mes recherches intensives je n’arrivais pas à trouver les petits suisses ou yaourts pour bébé natures qu’il m’avait recommandés la fois précédente. Le mieux disponible c’est « légèrement sucré ». Sinon c’est arôme chimique fraise, pomme, vanille, biscuit, autres fruits de mer et j’en passe. Je rappelle que ce sont des aliments pour bébés à partir de 6 mois, faits avec du lait 2ème âge. On pourrait pas attendre un peu pour les initier à tout ça ? Et là le pédiatre m’avoue, piétinant les derniers morceaux de naïveté qui me restaient : « Eh oui on leur demande de faire nature mais apparemment le marché demande des tas d’arômes ». Damned.

Donc si on résume : les firmes font des yaourts sucrés aromatisés à plein de trucs sur lesquels il y a écrit « à partir de 6 mois ». Le consommateur lambda se dit « tiens tiens c’est sympa et c’est adapté pour mon bébé, c’est écrit dessus ». Un produit nature (qu’on pourrait ensuite aromatiser à sa guise) serait probablement plus adapté. Mais le consommateur ne sait pas forcément la différence. Donc les firmes ne font pas de yaourts ou petits suisses natures pour mieux répondre au besoin qu’elles ont elles-mêmes créé. Ahem.

Bon attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne suis pas du genre à pourfendre le Grand Capital, à lancer des boycotts à tour de bras ou à aller m’enchaîner devant le siège d’une multinationale de l’agro-alimentaire. Je ne veux pas non plus jeter l’anathème sur les petits suisses aromatisés, et encore moins sur les parents qui en achètent. Je ne pense pas qu’ils mettent leurs enfants en danger et que ceux-ci deviendront des obèses lobotomisés plantés devant la télé 24h/24. Je voudrais simplement trouver aussi des yaourts bébé natures dans mon supermarché. Alors tous avec moi : « Messieurs les fabricants, si vous faites des petits suisses bébé natures je les achèterai. » (et aussi si vous pouviez faire des petits pots avec un ou deux légumes et pas quinze à la fois que du coup ils ont tous le même goût de gloubiboulga ça serait super)

Les parents d’enfants allergiques (dont je ne fais pour le moment pas partie, ouf) apprécieront aussi.

(image : http://fr.wikipedia.org/wiki/Petit_Suisse)

 

La poule pondeuse et la coupe de sang 27 février 2008

Autant vous le dire tout de suite, ce billet au titre racoleur est un billet de filles. Alors coqs, chapons et poulets, du balai ! C’est un sujet qui n’est pas tout à fait dans la thématique générale du blog, mais ce truc est tellement génial que j’essaie activement de convertir des nouveaux adeptes (à côté les témoins de Jéhovah c’est des petits joueurs). Ne laissons pas courir plus loin votre imagination fertile.

Vous ne le savez peut-être pas, mais il existe une alternative aux tampons et aux serviettes : la coupe menstruelle réutilisable. En ce qui me concerne je l’ai découverte par hasard en traînant sur le net. Il s’agit d’une coupe en silicone qu’on place dans le vagin. Elle se colle hermétiquement à la paroi et récupère le sang. Quand elle est pleine, on la vide dans les toilettes, on la rince et on la remet.

Ce système a l’air assez gore à première vue mais en fait il présente de nombreux avantages :

  • écologiques : 0 déchet, par rapport à toutes les serviettes et tampons qui ne sont pas recyclables ni biodégradables, sans compter leur fabrication avec plein de vilains produits
  • économiques : une coupe est censée durer 10 ans. elle coûte environ 25-30€. Même si on ne la garde que 5 ans, ça reste très avantageux
  • physiologiques : un tampon absorbe tout, le sang et les sécrétions vaginales. Du coup ça peut conduire à un déséquilibre de la précieuse flore vaginale et entraîner des problèmes style mycose, voire le rare mais flippant syndrome du choc toxique (lisez l’avertissement qui figure sur toutes les boites/modes d’emploi de tampons). La coupe ne fait que recueillir les écoulements naturels donc ne perturbe pas le précieux équilibre de l’écosystème vaginal. Pas non plus de vilains produits chimiques, la coupe est 100% silicone médical, donc totalement inerte chimiquement.
  • pratiques : on a juste besoin de sa coupe, donc pas besoin de se prendre la tête avec les stocks de serviettes/tampons (ni de se taper l’affiche au supermarché pour les timides : « ici la caisse 5, je voudrais le prix des tampax avec applicateur super plus »). Comme la coupe n’absorbe pas, contrairement à un tampon, on peut commencer à la porter un peu avant le début des règles (on peut aussi s’entraîner à la mettre et à l’enlever entre 2 cycles). Pas la peine de se demander comment aller discrètement aux toilettes avec son tampon super plus, puisque la coupe est déjà sur soi. A savoir aussi qu’une coupe contient plus qu’un tampon, donc la plupart des femmes (dont moi), n’ont besoin de la vider que matin et soir. Pas de fil qui risque de dépasser. Seul entretien, stériliser la coupe en la faisant bouillir 5 minutes entre 2 cycles.
  • confort : si elle est bien mise, on ne la sent absolument pas (ça paraît incroyable vue la taille de l’engin mais je confirme). La coupe est mieux adaptée à la fois pour les flux légers (pas la sensation de râpe du tampon) et pour les flux très abondants (pas de fuite, pas la peine de la vider toutes les 1/2h). Certaines filles disent qu’elles ont moins de crampes et de douleurs de règles qu’avec des tampons. A mon avis rien que pour l’aspect confort ça vaut le coup.

Bon il y a quand même quelques inconvénients :

  • c’est pas hyper simple à mettre et à enlever au début, en général on compte 3-4 cycles pour maîtriser à peu près l’engin (à ce niveau-là je dirais que c’est un peu comme les lentilles de contact…). Personnellement le premier cycle était un peu erratique (avec quelques fuites) et ensuite plus une seule goutte n’a débordé.
  • il faut être à l’aise avec son corps, ne pas avoir peur d’y mettre les doigts (voire plus…). Apparemment c’est compatible avec un hymen intact, mais bon c’est clair que moi à 14 ans j’aurais pas été foutue de me dépatouiller avec un engin pareil. Enfin il y a des adolescentes vierges qui l’utilisent sans problème (d’après les forums).

Mais l’internet est plein de ressources et notamment des super forums avec plein de filles qui ont eu plein de problèmes et trouvé plein de solutions. Et là où elles sont toutes d’accord c’est « ce truc est génial, jamais je ne remettrai de serviette ou de tampon ».

Personnellement je trouve que c’est tellement plus agréable et confortable que rien que pour ça tout le monde devrait essayer. Parfois quand je la porte j’ai envie d’arrêter toutes les femmes dans la rue pour leur en parler tellement je trouve ça génial (oui oui je vais reprendre un petit cachet rose et partir gentiment avec le monsieur en blanc). Mon rêve serait qu’on trouve un système équivalent pour les couches de bébé…

Pourquoi on n’en entend jamais parler ? Je déteste les théories du complot en tout genre, mais bon il est clair que les entreprises qui vendent des serviettes et tampons ont des moyens bien supérieurs de marketing à celles qui font les coupes. Et ça n’est pas trop dans leur intérêt de proposer une telle solution alors qu’on peut leur acheter des produits tous les mois. Apparemment les premières coupes ont été développées dans les années 50 mais à l’époque il était inacceptable que les femmes se mettent les doigts dans le vagin donc à la place sont apparus les tampons avec applicateur.

Si vous voulez en savoir plus, il existe plusieurs marques/modèles, dont voici un échantillon :

coupes

(photo : http://maedchenblog.blogsport.de/?p=74 ; cliquer pour agrandir)

http://www.mooncup.co.uk/menstrual_cup_en_francais_la_coupe_menstruelle__france.html
http://www.divacup.com/fr/debut.html
http://www.lunacup.fr/
http://www.keeper.com/

http://femmecup.com/

http://french.ladycup.eu/

http://afriska-fr.de.tl/Coupes-menstruelles.htm (avec plein de photos et de trucs en français, mais pas très à jour concernant les dernières nouveautés)

http://menstrualcups.org/ (THE forum, en anglais, mais il y a des réponses à tous les problèmes, et si on ne trouve pas, on obtient des réponses personnalisées dans la journée)

(je sens qu’il va y avoir des requêtes google déçues avec ce billet)

 

Le chant prénatal 26 février 2008

castafiore Dans la série « J’ai testé pour vous », la Poule pondeuse présente : le chant prénatal. En fait c’est un vrai-faux test, car je n’ai jamais mis les pieds dans un cours de chant prénatal. Il faut dire que je pratique le chant classique depuis bien 10 ans maintenant, alors passer deux heures à apprendre la respiration abdominale et à faire « ééééééé uuuuuu aaaaaa », merci mais très peu pour moi. Par contre, j’ai passé du temps, la main délicatement posée sur ma grosse bedaine, à chanter doucement et bien concentrée sur Junior (c’était le petit nom du poussin in utero) une petite sélection de quelques chansons amoureusement choisies, et toujours les mêmes. Je me voyais déjà prenant un petit poupon désespéré, hurlant à la mort, que rien ne semblait pouvoir calmer, et l’apaiser en quelques instants avec un doux refrain.

Autant briser le suspense tout de suite : ça n’a pas marché. Le petit gros poupon désespéré, hoquetant de rage, il n’en avait rien à carrer de ma jolie chanson. Limite s’il la supporte quand il est déjà de bonne humeur. Ramasse tes dents la poule. Cela dit, de faire des sons bizarres ça m’a bien aidée pendant les contractions. Je faisais un genre de « bbbouuuuuu » régulier et un peu grave, et comme il était 4 heures du mat’ et que le coq dormait du sommeil du juste, il faisait des rêves bizarres avec une sorte de téléphone portable géant en mode vibreur.

Tout ça pour dire, c’est sympa de chanter mais il n’y a pas de résultat garanti.

 

Courrier des lecteurs 25 février 2008

Filed under: 6-12 mois,Trucs et astuces — poulepondeuse @ 9:22
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On écrit à la poule pondeuse :

« Chère Poule,

Je compatis à vos déboires de mixage de jambon pour votre poussin. Il semble bien malaisé de broyer 3 cm² de jambon dans un mixer. Je vous suggère donc d’utiliser un presse-ail à cette fin si vous en possédez un.

Amicalement,

Sophie D.-bientôt-Y. »

presse ail

Chère Sophie D.-bientôt-Y., ceci est une idée de génie ! L’ayant testée pas plus tard qu’hier, je suis réconciliée avec le jambon (et avec mon presse-ail aussi, instrument étrange acheté à l’insu de mon plein gré chez un célèbre commerçant scandinave dont le racolage en matière d’ustensiles de cuisine est malheureusement ravageur). N’hésitez pas à nous communiquer d’autres astuces.

(image : http://blobs.shoppay.be/products/221-2005128-C12010.jpg)

 

Elles sont parmi nous

Filed under: Couches lavables,Ecologie,Tests — poulepondeuse @ 4:52
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Ma commande de couches lavables que j’ai passée jeudi soir chez Ptits dessous est déjà arrivée ! Ils ne rigolent pas quand ils disent 24 heures, un bon point pour eux. A noter qu’en plus j’ai reçu des mails réguliers pour m’informer de son statut. Le colis est bien optimisé, pas d’espace inutilisé (je ne sais pas pour vous mais ça m’éneeeeeeeerve de recevoir un énorme colis à moitié vide). Pas de rembourrage non plus (pour des couches en même temps…). Le contenu correspond exactement à ma commande, et les photos du site web sont assez fidèles aux articles, qui ont plutôt l’air de bonne qualité. Les couches ont des étiquettes pour savoir laquelle est laquelle (j’ai panaché les modèles), par contre j’ai pris aussi des inserts et des doublures et là rien du tout. Bon en me connectant sur le site (et en utilisant quelques uns de mes neurones) j’ai réussi à refaire les couples couche/doublure ou insert mais c’est un peu dommage. J’aurais bien aimé une petite notice explicative aussi, mais je vais probablement imprimer le mode d’emploi téléchargeable sur le site. Ils annoncent aussi qu’on peut les appeler si on est trop en panique.

Un petit détail pratique : le bambou sème des petits morceaux de tissu partout (mais ça j’imagine que c’est la matière, pas forcément la marque). Si vous êtes pourvue d’un mari un peu maniaque de la propreté (comme moi), faites gaffe en déballant vos couches si il vient de passer l’aspirateur (pas comme moi). Par contre j’ai découvert entre temps que les matières naturelles (type bambou justement) nécessitaient une DIZAINE de lavages (+ séchage) pour atteindre leur optimum d’absorption. Je vais déjà commencer par les faire tremper jusqu’à demain matin. Et vous devrez patienter un peu pour le verdict final !

[edit : En fait c’est la microfibre qui se débine et pas le bambou. Et après un passage en machine le problème semble réglé]

 

Eviter et soigner l’engorgement 24 février 2008

bouchon Suite à mes promesses d’hier, voici quelques pistes concernant l’engorgement et ses copines, mastite et lymphangite. Concrètement, de quoi s’agit-il ? Vous sentez une tension désagréable dans une partie du sein, qui peut devenir rouge et gonflée (oui, encore plus que le reste, c’est possible !). Cette tension ne disparaît pas après la tétée (peut s’atténuer puis revenir). C’est généralement un (ou plusieurs) canal lactifère qui est bouché et par lequel le lait ne peut plus s’écouler. Dans certains cas, le bébé n’arrive même pas à faire sortir de lait du sein concerné. Et si vous ne faites rien, ça risque de dégénérer en infection, plus communément appelée mastite ou lymphangite, avec fièvre et autres joyeusetés. C’est surtout fréquent dans les deux-trois premiers mois, quand l’allaitement n’est pas bien régulé, mais ça peut aussi arriver aux vieilles routières.

D’abord, comment éviter une situation somme toute assez pénible ? Tout simplement en évitant le trop-plein : bien alterner les deux seins, et si le bébé saute une tétée, ne pas hésiter à tirer un peu de lait (manuellement ou au tire-lait) si les seins sont tendus. Pas forcément l’équivalent d’une tétée entière, juste de quoi soulager la tension. Evitez aussi de porter des soutien-gorges trop serrés qui vous scient le sein en deux (plus facile à dire qu’à faire quand on fait soudainement du 95 I, je suis bien d’accord). Si vous décidez de sevrer votre poussin, allez-y progressivement (attendez plusieurs jours avant de supprimer une autre tétée) et évitez de supprimer deux tétées consécutives.

Dès que vous sentez les premiers symptômes, prenez immédiatement les choses en main. N’arrêtez surtout pas de faire téter l’enfant, bien au contraire, et ne négligez pas l’autre sein pour autant. Sachez que la zone la plus stimulée du sein est celle au-dessus de laquelle se trouve le menton du poussin. Donc à vous de faire votre propre kama-sutra de l’allaitement pour favoriser le drainage de la zone. Et c’est en tout début de tétée que la stimulation est la plus forte. Vous pouvez « accompagner » en massant la zone douloureuse pendant la tétée.

Entre deux, pour diminuer l’inflammation, appliquez du froid ou du chaud (selon ce qui vous soulage le mieux), et glissez (attention minute glamour) une feuille de chou dans votre ravissant soutien-gorge d’allaitement. Vous pouvez aussi appliquer une pommade du style Osmogel mais à nettoyer soigneusement avant la tétée car pas top pour le poussin. C’est aussi une excuse en or pour vous vautrer dans le canapé pendant que Chéri fait la vaisselle, car le repos est fortement recommandé par la faculté.

Si les symptômes persistent, voire s’aggravent, consultez au plus vite, mais pas n’importe qui. Beaucoup de médecins sont encore hélas peu au fait des subtilités de l’allaitement, et on risque de vous prescrire d’arrêter l’allaitement, ce qui serait dommage et n’arrangerait pas vraiment votre problème. Donc visez plutôt votre maternité ou une sage-femme libérale ; peut-être une consultante en lactation, mais ne les ayant pas fréquentées je préfère ne pas me prononcer sur le sujet. Lorsque cela m’est arrivé, une gentille sage-femme est venue chez moi pour me traire faire un massage drainant. Ça n’est pas très agréable, mais c’est souverain.

(image : http://www.smtc90.fr/upload/smtc/embouteillage.jpg)

 

Allaiter un morphale : quelques pistes de survie 23 février 2008

jaws Tous les conseils et préconisations autour de l’allaitement visent généralement à prévenir et à corriger deux problèmes : un bébé qui ne tète pas bien et/ou pas assez et une mère qui n’a pas assez de lait. C’est tout à fait normal et souhaitable puisque ces soucis peuvent facilement conduire à un abandon précoce et souvent mal vécu de l’allaitement, voire à un risque pour la santé de l’enfant qui perd trop de poids. Mais on ne parle à peu près jamais du « couple » à l’autre bout de l’échelle : Jaws, le bébé morphale aux mâchoires d’acier et sa mère la Prim’Holstein. Comme vous vous doutez, la poule pondeuse et son poussin appartiennent (ou plutôt appartenaient) à cette dernière catégorie. Et c’est uniquement à cette catégorie que les quelques conseils de cet article s’adressent. Je n’ai aucune compétence pour les autres, sinon celle de les adresser aux autorités compétentes justement.

Comment savoir si vous faites partie de cette merveilleuse communauté ? Commençons par Jaws, le prédateur en couches-culottes. A peine frais émergé du ventre maternel, il s’est rué sur votre sein comme la vérole sur le bas-clergé. A la maternité, tout le personnel ébahi constate son incroyable force de succion, et vous vous attendez presque à voir débarquer dans la chambre une délégation menée par le chef de service pour lui remettre la médaille du Téteur de Platine. Il n’est pas à l’air libre depuis 48 heures qu’il a déjà exploré tout le ventre et les pectoraux paternels à la recherche d’un sein nourricier. Votre coq favori arbore d’ailleurs un magnifique suçon sur le bras, et ça n’est pas votre œuvre (on se doute que vous avez autre chose à faire). D’ailleurs vous avez tendance à lui laisser le jeune piranha plus souvent qu’à son tour, vu qu’à moins d’1 mètre de votre généreux décolleté, alléché par l’odeur, il (le bébé, pas le papa) ouvre un large bec et pousse des cris de volume croissant jusqu’à ce que vous colliez votre téton dans le bec en question. D’ailleurs il aura dépassé son poids de naissance avant la fin de sa première semaine.

Et vous ? Si bien stimulée par les mâchoires d’acier, votre montée de lait arrive dans les 48 heures. A partir de là, vous découvrez que telle le Petit poucet, vous semez non pas des miettes mais des gouttes de lait partout où vous allez. Vous consommez 4 paires de coussinets d’allaitement ultra-absorbants par jour et ne quittez votre soutien-gorge que pour la douche sous peine de vivre dans une mare de lait permanente. Quand le poussin prend le sein, il commence par s’étrangler pendant 5 minutes tellement la pression est forte (quand vous lisez que le biberon est une invention infâme car l’enfant ne contrôle pas le débit de lait, ça vous fait doucement rigoler). Si vous aviez réussi à joindre le lactarium, vous seriez probablement devenue leur nouvelle meilleure amie. En attendant, porter une coquille recueil-lait sur un sein pendant que le bébé tète l’autre vous suffit à remplir un 125 ml par jour.

Vous y êtes ?

D’abord on dit généralement que dès qu’un bébé manifeste l’envie de téter, il faut le mettre au sein. Dans votre cas, ce n’est pas forcément la meilleure idée. Les bébés ont en effet pour la plupart besoin de succion non nutritive. Et dans votre situation, entre l’efficacité du poussin et votre débit de lait, dès que le bébé est au sein, il mange. Il ne sait pas « tétouiller », c’est-à-dire mâchonner le sein sans manger. Et votre sein ne semble jamais se tarir. Cerise sur le gâteau, si vous le laissez au sein trop longtemps il va vomir toute sa tétée. Vous découvrez que cet estomac n’est finalement pas sans fond. Ô joie, ô bonheur, vous pensez l’avoir enfin rassasié pour plus d’1h30, et à la place vous (votre poussin, votre lit, votre fauteuil…) baignez dans du lait à peine digéré. Quant au poussin, il a l’estomac vide. Donc une demi-heure plus tard, il a encore faim. Et vos seins, si bien stimulés, vont produire encore plus de lait. Vous songez à vous vendre comme nourrice pour quintuplés mais vos pauvres tétons écrabouillés aimeraient bien avoir un temps de répit.

Donc dans votre cas, il faut que le bébé puisse téter autre chose pour apaiser ce besoin. Il y a bien son pouce, mais c’est rare qu’il le trouve avant 3-4 mois. Il vous reste votre auriculaire (ou celui du papa, qu’il se rende un peu compte de ce que vous vivez), la tétine ou un biberon d’eau. Là c’est vraiment à vous de voir ce qui convient le mieux à tout le monde. Vous constaterez peut-être qu’il y a des moments où le bébé va pleurer au sein mais se calmer en tétant votre doigt.

Essayez de repérer le temps maximum d’une tétée (par exemple pas plus de 45 minutes) et d’établir un temps minimum entre deux débuts de tétées (1h30 – 2h). Evidemment il ne faut pas être rigide, ce sont de simples repères. Par exemple si l’enfant est malade, si vous voulez « acheter » son silence dans un lieu public, ou s’il fait très chaud (le lait devient alors plus dilué pour que l’enfant tète plus souvent et soit mieux hydraté), n’hésitez pas à le mettre au sein plus souvent. Pour le faire « tenir » entre les tétées, donnez-lui votre doigt ou une tétine et évitez de lui mettre la tête dans votre décolleté qui sent le lait à 300 mètres (préférez l’épaule). C’est un aspect un peu frustrant de l’allaitement dans ce cas : vous n’osez pas trop faire de câlin à votre bébé entre les tétées (qui ne sont pas forcément une partie de plaisir les premières semaines). Par contre le papa en profite bien (qui a dit que l’allaitement excluait les pères ?) !

On vous répètera aussi qu’il n’y a pas besoin de faire de rot au sein. Quand vous aurez observé 5 minutes de tétée à haute pression, vous réaliserez rapidement qu’une petite pause-rot s’impose, surtout si le pépère râle et se tortille.

Si vous avez besoin d’un peu d’air, essayez de recueillir un peu de lait pour faire un biberon (au début, évitez de tirer mécaniquement trop de lait pour limiter la stimulation) que le père pourra donner pendant que vous faites un petit tour/une sieste. Pour ce type de bébé la confusion sein-tétine est rarement un risque. Au contraire il arrive qu’il refuse carrément le biberon. Dans ce cas-là patience et longueur de temps font mieux que force ni que rage.

Craignez l’engorgement comme la peste et faites très attention à bien alterner les deux seins (n’hésitez pas à donner les deux à chaque tétée, même si c’est juste 5 minutes pour le deuxième). Je ferai bientôt un billet sur le sujet.

Généralement après un mois ou deux, les tétées s’espacent et se régulent graduellement, et votre production de lait s’adapte gentiment. Comme la plupart des femmes, l’allaitement devient plus simple et plus agréable vers 2-3 mois. Dommage, c’est la fin du congé maternité.

Enfin je suis bien consciente que ces problèmes, si insignifiants soient-ils, ne concernent pas la majorité, loin de là. Mais d’une part je connais personnellement plusieurs femmes qui se sont trouvées dans ce cas, et d’autre part ça n’est à peu près jamais évoqué dans les documents sur l’allaitement, que j’ai trouvé peu adaptés quand je pataugeais dans mon propre lait.

 

Dormir enceinte 22 février 2008

dodo Au premier trimestre, c’est généralement loin d’être un problème. Contrairement à la plupart des nouveaux-nés, on dormirait bien 20 heures sur 24 (voire plus le week-end). Donc le souci serait plutôt de ne pas dormir. Comme pour beaucoup d’autres choses, le deuxième trimestre est souvent (mais pas toujours) le plus facile. Mais plus on s’arrondit et plus les choses se corsent.

D’abord, que faire de ce gros bide ? Il n’y a pas de solution idéale, et de toute façon la femme enceinte supporte mal de rester longtemps dans la même position. Sachez que si vous êtes bien sur le ventre, le bébé ne risque absolument rien puisqu’il est dans une poche d’eau. On ne peut pas l’écraser. Par contre vos intérieurs eux risquent de se sentir sérieusement tassés. Mais tant que ça ne vous dérange pas… Si vous dormez sur le côté, ne vous forcez pas à dormir à gauche. Le « risque » de se mettre à droite est que l’utérus appuie sur votre veine cave, ce qui cause un petit malaise sans gravité. Donc tant que vous êtes bien à droite, restez-y. Pour un maximum de confort, il faut remonter la jambe supérieure jusqu’à ce que l’angle de la hanche soit inférieur à 90°. En clair, essayer de mettre son genou sous le menton. Sur toutes les photos et images que j’ai trouvées, le genou est trop bas. Pour éviter que votre jambe écrase votre ventre, calez-la avec le coussin d’allaitement. Si votre lit n’est pas très grand et que votre tendre moitié s’y trouve aussi, préférez un oreiller ou un petit coussin, ou virez la tendre moitié sur le canapé. Si vous le pouvez, prenez deux coussins, un pour chaque côté. N’hésitez pas à expérimenter pour trouver la meilleure façon de vous caler. Surélever les jambes peut aussi vous être plus agréable.

Un autre problème peut être celui des remontées acides de l’estomac dès que vous vous mettez en position horizontale. Essayez d’abord de surélever votre tête, pour vous allier la gravité (pour une fois qu’elle va vous être utile la bougresse). Un petit truc simple est d’arrêter les produits laitiers après 17-18 heures (selon l’heure à laquelle vous vous couchez), en particulier les produits « crus » (style yaourt, de toute façon le camembert vous n’y avez pas droit). Oui parce que la poule pondeuse qui vous parle a bien mis trois semaines à réaliser que la mozzarella grillée qui s’étalait sur sa pizza était bel et bien un produit laitier. Mais ça n’avait pas l’air de poser de problème alors… Des flocons d’avoine (mais sans lait) peuvent aussi vous aider si le problème résiste.

Si vous avez des crampes, faites-vous prescrire des compléments de magnésium, ou mangez des bananes. Au passage, 1 ou 2 bananes, un petit verre de lait, un coup de mixer et voilà un petit milk shake délicieux ET diététique. On peut rajouter de la glace si on est moins diététique/plus gourmande.

Les insomnies risquent de vous perturber aussi, même si -comme votre amie la poule pondeuse- vous n’êtes pas très stressée. Plutôt que de vous retourner deux heures dans le lit à vous répéter comme un mantra « il faut que je dorme », levez-vous, mangez un petit quelque chose, bouquinez un truc tranquille (genre une BD sympa, évitez le dernier Harlan Coben ou Primo Levi), regardez une débilité à la télé, jouez au solitaire, que sais-je. Et recouchez-vous quand vous sentez le sommeil revenir. Evidemment, si vous travaillez, ça va être dur de vous lever à 7h si vous n’avez pas dormi de 3 à 5. Si ça vous épuise, parlez-en au médecin ou à la sage-femme qui vous suit pour qu’il vous arrête. Un bon praticien ne mégotera pas pour vous accorder quelques semaines de congé supplémentaire si vous êtes très fatiguée. Et n’oubliez pas que vous devez travailler 40 ans jusqu’à la retraite. Alors ne culpabilisez pas pour un mois de congé mat’ supplémentaire.

Pour le pipi toutes les heures, désolée mais je ne crois pas qu’il existe de solution (sonde urinaire ?).

Le dernier mois, il est recommandé de protéger son matelas au cas où vous perdiez les eaux au lit (la dernière chose que vous voulez en rentrant de la maternité est un lit sinistré façon Titanic -mais sans Leonardo). Soit une alèse en plastique, soit un truc plus petit (genre un vieux rideau de douche) que vous placez à l’endroit critique.

N’hésitez pas à nous faire partager vos « trucs » dans les commentaires. Et quoi qu’il en soit, profitez bien de ces nuits parce que ça ne va pas durer…

(photo Corbis trouvée sur http://www.famili.fr/grossesse/407-sante/4705-en_forme_pendant_neuf_mois/3492-enceinte_comment_bien_dormir/)

 

La révolution du popotin 21 février 2008

Filed under: Couches lavables,Ecologie,Tests — poulepondeuse @ 7:50
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lavable Tiraillée par ma conscience écologique, motivée par l’appât du gain, j’ai craqué. Je viens de commander quatre couches lavables (que des modèles différents bien sûr) avec la pléïade d’accessoires ad hoc chez Ptits Dessous. Pourquoi chez eux ? Il y a pas mal de modèles différents et un petit guide interactif pour choisir que j’ai trouvé pratique. Evidemment j’ai au préalable vérifié avec la nounou que ça ne lui poserait pas de problème. Et là surprise : ni elle ni l’autre maman (dont la fille est gardée avec mon poussin) n’ont jamais entendu parler des lavables (à part les vieux trucs de nos grands-mères) ! Moi naïvement je pensais qu’il y avait deux catégories de parents : ceux qui utilisaient les lavables et ceux qui avaient la flemme d’utiliser les lavables. Ben non, une troisième catégorie existe : ceux qui ne savent pas qu’il y a une vie en dehors de Pampers & co.

Pour le moment, je fais un essai et je me réserve à tout moment la possibilité de tout revendre et de revenir aux jetables. Et je vous tiendrai au courant du test (vue l’influence majeure de ce blog, je vous rassure, je reste totalement indépendante du lobby surpuissant des couches lavables).

Reste à avouer la vraie raison de ce revirement, le petit truc qui m’a fait cliquer sur « payer par CB » (sachant que la facture de mon petit test s’élève quand même à une centaine d’euros, alors pour l’appât du gain, ahem, on repassera). Comme vous le voyez sur la photo (de chez Ptits dessous), c’est quand même vachement plus mignon que les jetables non ?