La basse-cour de la poule pondeuse

Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants

Le bébétube 11 mars 2008

bbtube Aujourd’hui, la poule pondeuse a testé pour vous : le bébétube. Kesaco ? Il s’agit -comme son nom l’indique- d’un large tube en tissu, avec des extrémités resserrées (pour mieux maintenir le petit monstre). A quoi ça sert ? A fourrer dedans son poussin pour pouvoir vaquer tranquillement à ses occupations. On peut porter devant « en berceau », sur la hanche ou dans le dos.

Avantages :

  • Super simple et rapide à installer et à désinstaller ; même le Coq qui n’aime pas l’écharpe (trop compliqué) a admis que c’était pratique. Et pas de tissu qui traîne (celles qui ont pris une écharpe de 4m70 alors qu’elles font 1m65 comprendront). On peut aussi passer très rapidement et facilement de la hanche au dos (et vice versa), ce qui est assez appréciable (par exemple si poussin perd son bonnet).
  • Très peu encombrant. Et comme il n’y a qu’une seule couche de tissu, c’est léger pour l’été.
  • Le poussin est en position physiologique, bien assis sur ses cuisses (sauf pour la position du berceau mais c’est un peu particulier).
  • Il paraît que c’est pratique pour allaiter discrètement en toute circonstance ; je ne peux pas vous dire car le poussin est au bib depuis un bail maintenant.
  • C’est plutôt confortable, le poids est réparti entre les épaules et le bassin. A noter que le portage sur le dos n’est pas incompatible avec une poitrine généreuse (je sais de quoi je parle).
  • On peut l’utiliser de 0 à 3 ans (pour le porté bien sûr).

Inconvénients :

  • C’est taillé en fonction du porteur, du coup ça n’est pas évident d’avoir le même pour les deux parents par exemple.
  • Il n’est pas toujours évident de l’ajuster parfaitement (comme l’écharpe par exemple) et le tissu rabattu sur l’épaule peut être un peu gênant pour bouger le bras. Plus de pratique doit aider cependant.
  • Le portage est asymétrique (sur une seule épaule), à la longue c’est un peu usant.

Verdict : parfait pour des utilisations pas trop longues, du style « je sors de la voiture avec 5 paquets + 1 poussin et il faut encore que je marche 5 minutes jusqu’à chez moi », ou encore « mon poussin veut les bras et je voudrais finir de couper les légumes/préparer mon cocktail du soir ». Un peu moins confortable pour une grande balade de trois heures à mon humble avis.

Je l’ai acheté chez Bébésouleil (c’est là que j’ai piqué la photo); il est très joli et pas très cher (25€ port compris). Il y a deux tailles (en fonction du gabarit du porteur), et je ne savais pas trop laquelle prendre pour que ça aille au Coq et à moi. Du coup Alisabel (la patronne-et-unique-employée, qui est super gentille) a proposé de faire une taille 1 1/2, ce qui fait qu’on peut l’utiliser tous les deux. Nous l’avons reçu une semaine plus tard (et sur mesure donc !) avec un mode d’emploi détaillé très clair. Pour être tout à fait honnête, je pense que malgré tout il nous en faudrait un chacun à une taille différente pour être vraiment confortable. On verra à terme si le besoin s’en fait sentir. En attendant je ne peux plus m’en passer !

 

Le concept du continuum 11 février 2008

Continuum Comme beaucoup de parents, je lis un peu tout ce qui me tombe sous la main lorsqu’il s’agit d’éducation et de comment s’y prendre avec nos poussins. En général, ce qui me plaît le plus, ce sont les auteurs qui prônent grosso modo de faire selon son intuition sans trop se prendre la tête (ahem, d’où l’intérêt de lire ce genre de bouquin…). Récemment j’ai voulu en savoir plus sur le concept du continuum, la bible du maternage. Pour vous rassurer immédiatement sur ma crédibilité de blogueuse, je ne l’ai pas lu. Malgré tout, j’ai fait un grand tour sur le site officiel et je pense en avoir retiré la substantifique moëlle. N’hésitez pas à me reprendre dans les commentaires et à nous faire profiter de votre expérience.

L’auteur, Jean Liedloff, a participé à plusieurs expéditions au Venezuela où elle a pu partager la vie des Indiens Yequanas dans la forêt amazonienne. Ayant constaté à quel point ce peuple et en particulier leurs enfants avaient l’air heureux et paisible, elle a tenté de comprendre les bases de leurs principes d’éducation. Voici les principaux points qu’elle a développés :

  • le bébé doit être depuis la naissance en contact physique permanent avec sa mère ou une autre personne ; il ne doit quitter les bras (ou un porte-bébé) que vers 6-8 mois lorsqu’il commence à se déplacer
  • il doit dormir dans le lit de ses parents (avec les parents bien sûr) jusqu’à ce qu’il le quitte de sa propre initiative (généralement vers 2 ans)
  • il faut l’allaiter complètement à la demande
  • on doit répondre immédiatement à ses demandes (faim, sommeil, câlin, etc) sans dévaluer l’enfant comme pénible, mais sans non plus en faire le centre de l’attention

Bon, autant vous dire que ça ne me paraît pas transposable tel quel au mode de vie occidental (au mien en tout cas). En même temps, ça n’est pas très grave, car notre mode de vie n’est pas celui des Yequanas, donc il ne me semble pas choquant que les enfants y soient préparés différemment. Ce qui me semble le plus intéressant, c’est le dernier point, celui qui à mon sens est le corps de cette théorie.

L’idée de répondre à la demande aux besoins de l’enfant (ou au moins du nouveau-né) est de plus en plus populaire en Occident. Cette pratique centrée sur l’enfant peut tendre à le mettre sur un piédestal et à lui donner un sentiment de toute-puissance. Pour Jean Liedloff, c’est nocif. L’enfant a besoin de sentir que l’adulte qui s’en occupe sait ce qu’il fait et ce qu’il veut, et pas qu’il recherche son assentiment pour chaque acte simple du quotidien. En outre, c’est l’enfant qui doit s’intégrer dans la vie de ses parents et non l’inverse. Elle prône ainsi que les parents vaquent à leurs activités habituelles en compagnie de l’enfant sans chercher ni à en faire le centre ni à le repousser. Si au cours de cette activité l’enfant manifeste un besoin, il faudrait y répondre simplement puis retourner à cette activité dès que le besoin est satisfait, voire si c’est possible continuer ce qu’on faisait en s’occupant de l’enfant. Pour elle, les enfants sont naturellement sociaux, c’est-à-dire que leur disposition innée est de collaborer avec les adultes et de participer à leurs activités.

Je trouve ceci extrêmement intéressant pour plusieurs raisons. D’une part, cela va à l’encontre de l’idée reçue selon laquelle une éducation plutôt fusionnelle et à l’écoute de l’enfant devrait obligatoirement créer de petits tyrans. D’autre part, je suis largement déculpabilisée de tous ces moments où je suis avec mon poussin sans vraiment m’occuper de lui (sans parler de toutes ces tétées pendant lesquelles j’ai bouquiné, parlé au téléphone, regardé la (trash) télé… shame on me !).

Evidemment, tout ceci est très séduisant sur le papier : des enfants calmes et heureux, des parents qui n’élèvent jamais la voix… N’oublions pas que les Indiens Yequanas vivent quasi-nus (« tu vas mettre tes chaussures oui ! »), n’ont pas de canapé Roche Bobois en soie sauvage écrue (« aaaaah nooooooon pas le nutella »), ne doivent pas aller à l’école ou chez le pédiatre (« dépêche-toi maintenant on est en retard »), et n’ont pas de gadgets coûteux (« arrrgll mon iphone dégouline de bave »). En prime ils profitent d’une structure sociale resserrée où la mère peut facilement confier son enfant à sa famille ou à d’autres enfants plus grands.

Malgré tout, ces pistes me semblent intéressantes. Quelqu’un a testé ?