La basse-cour de la poule pondeuse

Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants

Truc magique 31 mars 2008

Filed under: Trucs et astuces — poulepondeuse @ 9:08
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Pour commencer la semaine en douceur, et ce malgré le violent passage à l’heure dite d’été alors que pas la moindre température supérieure à 15°C ne se profile à l’horizon, je vous suggère d’aller voir une petite vidéo ici. Un truc magique pour calmer les bébés. Sauf que quand je vois les hurlements de goret qu’a poussés le poussin l’autre jour lorsque je le déshabillais alors que son bain finissait de couler (il a bizarrement développé une allergie subite -et apparemment en régression, ouf!- de la table à langer), je reste dubitative quant à son efficacité. Mais c’est toujours plus pratique que d’aller faire un tour en voiture…

Notez aussi que ce truc ferait économiser trois semaines de temps à l’échelle d’une vie. Je ne préfère pas imaginer le temps passer à tenter de faire taire nos petits braillards adorés, mais, euh, comment dire, trois semaines ? Laissez-moi rire…

 

Les chaussons en cuir souple 28 mars 2008

robeez Jeunes et futurs parents, si vous avez réussi à échapper à la vague montante des chaussons en cuir souple, voici une occasion de vous rattraper. Euh c’est quoi ces chaussons ? Ce sont donc d’adorables petits chaussons en cuir, qui ont les avantages suivants :

  • Grâce à leurs maousses petits élastiques, ils ne tombent pas et sont très difficiles à enlever par les petits doigts. Pas besoin de vérifier toutes les 5 minutes qu’ils sont toujours là (surtout dans le porte-bébé), c’est sûr, ils y sont (et les chaussettes aussi).
  • Ils sont tellement souples et fins qu’ils ne gênent absolument pas le poussin qui n’a jamais cherché à s’en débarrasser.
  • Ils tiennent très bien et ne gênent pas pour le quatre pattes (voir points 1 et 2). Testé et approuvé par le poussin qui est une star du quatre pattes et du rampage en tout genre.
  • Ils sont anti-dérapants, ce qui est un énorme atout dès que le poussin commence à se mettre debout. Notre petit explorateur en porte même par-dessus son pyjama histoire de limiter les gamelles.
  • Comme ils sont très souples (voir point 2), ils permettent au poussin d’apprendre à marcher avec quasiment les sensations du pied nu et sans entraver le développement de son petit peton (non on n’a pas besoin de chaussures spéciales pour apprendre à marcher, le pied c’est ‘achement bien fait). Par contre ça lui évitera d’attraper une pneumonie sur le carrelage de la cuisine.
  • Ils passent à la machine (ou leur aspect lisse fait qu’en général un petit coup d’éponge et voilà).
  • Ils sont très très jolis, vu le choix vous trouverez forcément un modèle qui vous fera craquer.
  • Il y a (selon les marques) des sandalettes pour l’été et des bottines fourrées pour l’hiver, et selon les marques les tailles peuvent aller jusqu’à 3 ans voire plus.
  • Si le poussin marche et que la semelle devient trop lisse, un petit coup de papier de verre ou un passage en machine et le tour est joué.

Inconvénients :

  • Ils sont très très jolis, vu le choix vous trouverez forcément plein de modèles qui vous feront craquer. Et le prix n’est pas vraiment proportionnel à leur adorable petite taille.

J’ai découvert grâce à une amie qui a offert au poussin sa première paire de Robeez (la marque la plus connue -avec un exemple sur la photo- et je crois la première), depuis il ne les a quittés que certains jours d’été où il était pieds nus (j’en ai racheté d’autres quand même, ses pieds ont grandi…). Je suis une fan absolue et j’en fais un prosélytisme acharné (d’où ce billet). La nounou qui ne connaissait pas (et qui voit des gosses depuis un bout de temps) a aussi été séduite.

La question qui doit maintenant logiquement vous tarauder est : où se procurer ces petites merveilles. Internet est probablement votre meilleure option. Il y a ici un post qui récapitule des tas de marques et de sites marchands (plus forcément à jour malheureusement). C’est un peu comme les couches lavables, il y a 18 nouveaux sites qui apparaissent et 11 qui disparaissent chaque jour, sans compter les modèles qu’on retrouve sur différents sites à différents prix, bref c’est un peu la jungle (sauf qu’a priori pour les chaussons tous les modèles vont à tous les poussins). On commence même à en trouver dans des magasins plus tradis, comme ici. Ensuite c’est plus une question de goût et de priorité (veut-on du bio, du cousu main, du cuir de bufflone de l’Himalaya septentrional…). Personnellement, j’achète surtout les Shoes zoo sur ebay (merci a n g e l pour le tuyau) car la qualité est bonne et les prix défient toute concurrence.

Et dès que le poussin trotte, un petit article sur les chaussures pour aller dans le grand monde hostile du dehors.

 

Sevrage et allaitement mixte 27 mars 2008

bib Autant clarifier tout de suite : ce billet n’est pas un débat pour savoir jusqu’à quand allaiter. C’est l’affaire personnelle de chacune et ce n’est pas à moi de m’en mêler. Il s’agit juste de donner quelques pistes à celles qui souhaitent arrêter avant le sevrage « naturel », pour aider à la transition.

D’abord -si c’est possible- il vaut mieux éviter que le sevrage soit concomitant avec un autre changement important dans la vie du poussin (au hasard : maman retourne au travail). Il est aussi préférable pour tout le monde de prévoir un peu de temps (pour passer d’un allaitement exclusif au 100% biberon compter au moins une semaine et idéalement deux voire trois). Et plus le poussin est diversifié (moins il tète), plus c’est facile. Enfin, la physiologie de la lactation fait que c’est plus simple de sevrer après 2-3 mois qu’avant, quand on a encore des montées de lait.

D’autre part, il peut être judicieux de commencer par introduire le biberon avec du lait maternel, histoire de faire une découverte à la fois. Cela peut être fait dès que l’allaitement est bien installé sans le compromettre. Certains poussins refusent totalement le biberon, même avec du lait maternel. Mieux vaut que ce ne soit pas la mère qui donne le premier biberon (volontaire désigné : au hasard, le père), car l’enfant risque de ne pas comprendre pourquoi elle ne lui propose pas son sein préféré. Il peut même être préférable qu’elle quitte la pièce. Comme toute nouveauté alimentaire, le premier bib est plus facilement accepté si vous n’attendez pas que le bébé hurle de faim. Mieux vaut lui proposer quand il est à peu près de bonne humeur, quitte à ce qu’il n’en prenne qu’un petit peu la première fois. Si il refuse totalement, n’insistez pas sur le coup et reproposez plus tard. Il faut savoir que certains bébés sont très difficiles sur la tétine ; parfois essayer une autre marque peut s’avérer payant.

A propos de tétine, il vaut mieux en choisir une à faible débit (pour nouveau-né, deux trous maximum), même si votre poussin est plus âgé. Ainsi vous optimiserez vos chances qu’il continue à prendre le sein pour les autres tétées.

Autre petit problème technique : quelle quantité de lait préparer ? Au sein on n’a pas la moindre idée du volume ingurgité, et même s’il a déjà pris des biberons de lait maternel, il n’est pas dit qu’il lui faille les mêmes quantités de lait artificiel. Un truc simple est de proposer le volume suggéré sur la boîte de lait pour l’âge de l’enfant. S’il en laisse, c’est qu’il a eu assez. Par contre s’il le siffle en entier, vous pouvez rajouter 30 ml au prochain. Personnellement, je préfère en préparer juste un peu plus pour être sûre que le poussin ait assez.

Une fois ce premier contact établi, vous allez pouvoir remplacer une tétée par un biberon. Mieux vaut éviter de commencer par la tétée du matin ou par celle du soir, l’idéal étant celle de la fin d’après-midi où la lactation est généralement plus faible. Si vous sentez un peu de tension dans les seins, n’hésitez pas à tirer un peu de lait pour éviter un engorgement. Si nécessaire, vous pourrez tirer un peu moins de lait chaque jour jusqu’à ce que vos seins s’habituent à moins produire. Ensuite il faut éviter de supprimer deux tétées consécutives, et attendre deux-trois jours entre deux suppressions de tétées. Notez que le temps d’ajustement du corps n’est pas forcément linéaire : personnellement il m’a fallu une semaine pour ne plus avoir les seins tendus après avoir supprimé une tétée, alors que pour les autres en 24 heures c’était plié.

Si le poussin tète encore la nuit (et que vous aimeriez qu’il arrête…), vous pouvez assez rapidement proposer un biberon à la place. Certes il faut se lever, allumer la lumière et tout, mais : 1. le papa peut s’en occuper pendant que vous dormez du sommeil du juste et 2. si le repas de la nuit est la seule tétée qu’il reste au bébé, sa valeur affective risque de vite dépasser sa valeur nutritive. Ne vous méprenez pas, j’adore faire des câlins à mon poussin, mais la nuit honnêtement je préfère dormir.

De fil en aiguille, vous arrivez généralement à la situation suivante : il vous reste une tétée le matin et une tétée le soir, situation merveilleusement compatible avec votre reprise du travail, généralement connue sous le nom d’allaitement mixte. Cette situation est-elle pérenne ? Je n’en suis pas sûre, et je ne suis pas la seule : encore un bel article de Co-naître, L’allaitement mixte, est-ce possible ? du Dr Claire Laurent. D’abord, pour certaines femmes la lactation peut rapidement se tarir, et n’être relancée que par un allaitement exclusif, ce qui n’est pas le but du schmilblick si on ne veut plus allaiter. Ensuite, certains bébés préfèrent le biberon et se désintéressent totalement du sein. Enfin, même si -comme votre amie la poule pondeuse– vous avez une lactation généreuse et un poussin totalement bilingue sein-biberon, ça risque de ne pas suffire malgré tout. Ainsi, j’avais fini par supprimer la dernière tétée (du soir) car au bout de 45 minutes de tétée intensive le poussin ne semblait toujours pas vraiment rassasié. Et pourtant il y avait toujours du lait à la fin de la tétée, mais le débit ne suivait pas. Donc remplacement par un biberon. Je dois dire que j’ai toujours considéré l’allaitement surtout du point de vue nutritionnel, mais je sais que pour certaines c’est le côté affectif qui prévaut (ce que je respecte bien sûr entièrement). Dans ce cas je pense qu’il est possible de garder une tétée « câlin » par ci par là pendant longtemps. Mais sinon ne vous leurrez pas : l’allaitement mixte est dans la grande majorité des cas la transition vers le sevrage total.

(image : http://www.villiard.com/images/bebes/boire-biberon.jpg)

 

Le top des maternités 26 mars 2008

shepherd L’Express vient de publier son célèbre palmarès des maternités. On peut le voir ici, département par département. Ce n’est pas vraiment un classement, car il n’y a pas de maternité idéale. Cela dépend en effet des attentes qu’on a vis-à-vis de ces établissements, et notamment le niveau de médicalisation et d’intervention qu’on souhaite. Par ailleurs certaines grossesses, identifiées comme à risque, vont être systématiquement orientées vers des institutions de niveau 2 ou 3, ce qui limite le choix. Il faut savoir que ces niveaux correspondent aux possibilités de réanimation pour le bébé : pour la mère tout est disponible dans toutes les maternités (notamment un bloc opératoire avec personnel compétent pour faire une césarienne). Le niveau 1 est le plus bas, tandis que le niveau 2 implique la présence d’un service de néo-natalogie pour les nouveaux-nés de plus de 33 semaines et le niveau 3 un service de réanimation pour l’accueil des mini-poussins. En plus de ces informations, l’étude fournit pour chaque institut le niveau d’infections nosocomiales, le nombre d’accouchements par an, et les taux d’accouchements multiples (jumeaux et plus), de césariennes, de transfert vers un autre hôpital et de bébés de petit poids (< 2.5 kg). A noter que j’ai repéré quelques boulettes dans le classement parisien, donc les informations ne sont peut-être pas toute super fiables (par exemple la Pitié est présentée comme niveau 3 alors que c’est un niveau 2, ou encore on nous donne des chiffres pour St Joseph et pour Bonsecours, alors que Bonsecours est la maternité de St Joseph…)

Pour chacun de ces facteurs, le site vous donne également la moyenne nationale comme référence (en glissant la souris sur le titre de la catégorie, subtil non ?). Evidemment, les niveaux les plus élevés ont généralement les taux les plus élevés de césariennes, naissances multiples et petits bébés, puisqu’ils récupèrent tous les cas à problème. Il me semble logique qu’ils soient donc au-dessus de la moyenne nationale. Cependant le site constate que le taux de césariennes est plus élevé dans le privé que dans le public, alors même que le privé ne comporte que des établissements de niveau 1.

C’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi d’accoucher dans un grand hôpital public de niveau 3, alors que je ne souhaitais pas une naissance très médicalisée (mais quand même un peu, merci Sainte Péridurale). Réfléchissons ainsi quelques minutes au fonctionnement d’un hôpital par rapport à celui d’une clinique. Dans un grand hôpital (je parle de taille, pas de réputation), il y a 24 h sur 24 un obstétricien, un anesthésiste et un pédiatre de garde (et s’il pouvait y avoir un certain neurochirurgien tant qu’à faire…). Ils sont là pour toute la durée de leur garde, et puis voilà. De plus ils touchent un salaire mensuel fixe, qui ne dépend pas des actes qu’ils pratiqueront (sachant qu’une césarienne coûte plus cher qu’un accouchement par voie basse par exemple). Dans une clinique, hors des heures de bureau, ils sont d’astreinte. C’est-à-dire qu’ils vaquent à leurs occupations habituelles mais en s’engageant à venir fissa si on les appelle. Par ailleurs, ils sont généralement payés à l’acte. Donc à votre avis, qui a le plus intérêt à vous faire une césarienne parce que le travail n’avance pas assez vite ? Non seulement c’est mieux payé, et en plus on sera rentré pour l’apéro. Attention, je ne pense pas que ce soit la façon générale de fonctionner dans les cliniques, où je ne doute pas que la grande majorité des médecins ait une éthique et un dévouement irréprochables, mais plutôt une dérive inhérente à ce type de système, qui serait le fait d’une minorité. Il est aussi tout à fait possible que certaines femmes y demandent des césariennes de convenance (les Anglais les appellent « too posh to push », littéralement « trop snob pour pousser »).

Par ailleurs, je pense que la sage-femme qui s’occupe de vous à l’hôpital est plus motivée puisque c’est elle qui fera votre accouchement au lieu de passer la main au dernier moment. De plus elle aura l’esprit plus tranquille si elle sait que tout rapidement accessible si les choses tournent au boudin, et que du coup elle aura tendance à repousser autant que possible une intervention. Tout ceci peut à mon avis expliquer au moins en partie pourquoi il y a moins de césariennes dans le public, alors même que c’est là que vont les cas pathologiques. C’est d’ailleurs ce que constate cette étude réalisée par le ministère de la Santé : les établissements de niveau 1 ont tendance à pratiquer plus de césariennes « de sécurité » (comprendre : pas forcément nécessaires mais au cas où mieux vaut être paré) que ceux de niveau plus élevé.

Cet article a bénéficié des lumières de la poule accoucheuse, que je vous avais présentée ici.

 

Les parents sont-ils nuls ? 25 mars 2008

Filed under: Education,J'avoue — poulepondeuse @ 8:56
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super nanny Si vous traînez un peu sur la blogosphère bébé/enfant, vous n’avez pas pu échapper à une récente interview d’Aldo Naouri, pédiatre médiatique, dans Elle. Si elle n’est plus en ligne, vous en trouverez une retranscription ici, ainsi qu’une autre de ses bafouilles pour le Point (avec commentaires de la blogueuse). Son but principal semble être de redonner l’autorité aux parents, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose, même si certaines de ses méthodes feraient passer Super Nanny pour une baba cool portée sur le hasch (genre supprimer le doudou ou la tétine à deux ans précis, sans préavis ni explication, ou introduire des horaires de repas militaires après 3 mois).

Ce qui me fait halluciner, ce n’est pas tant le contenu de ses propos, mais l’arrogance de ce genre de personnage, qui à la fois accuse les parents de se laisser mener en barque par leurs enfants et en même temps les infantilise en leurs posant des tas de normes et d’interdits sur les sujets les plus personnels. On en arrive au point où il vous dit combien de fois dire « je t’aime » à votre enfant. Vous imaginez demander à votre gynéco ou à votre médecin traitant combien de fois par jour dire « je t’aime » à votre tendre moitié ? Non, évidemment, c’est un équilibre que vous avez trouvé tout seuls comme des grands. Parce que dans la vie de tous les jours, qu’il s’agisse de votre boulot, de votre couple ou de vos prochaines vacances, vous savez vous débrouiller seul, sans que tout le monde vienne y mettre son grain de sable.

Mais dès qu’il s’agit d’éducation, tout le monde s’érige en expert et se mêle de donner des conseils à gogo, sans se soucier qu’ils soient contradictoires ou surtout fort mal à propos. Les pédiatres notamment, parés de l’autorité médicale, tendent (surtout pour certains cas médiatiques) à outrepasser leur rôle : il n’est certes pas évident de définir la limite entre éducation, santé et bien-être, mais vous dire que votre enfant ne devrait plus prendre la tétine là maintenant tout de suite, devrait prendre 30 ml de lait de plus ou de moins, ou devrait le prendre à 16h et pas à 16h15, no comment. Et par-dessus le marché, on accuse les parents de démissionner devant leurs enfants et de ne plus avoir d’autorité. Croit-on vraiment qu’un parent sera plus respecté par son gosse s’il fait « comme on lui a dit » (même s’il ne voit pas très bien pourquoi ou comment) ? Les enfants ne sont pas stupides, loin de là, et sont très forts pour vous mettre devant vos propres contradictions.

Evidemment, c’est au pédiatre de vous transmettre les dernières connaissances scientifiques (comme « coucher un enfant sur le dos diminue les risques de mort subite du nourrisson », ou « donner du beurre de cacahuète à un enfant de 4 mois risque de le rendre allergique et/ou obèse »), et ces conseils sont souvent utiles et salutaires. C’est vrai qu’on se retrouve souvent parfois en panique devant ce truc bizarre qu’est le bébé, dont on a mystérieusement oublié de nous communiquer le mode d’emploi. On est alors prêt à croire la première personne qui a l’air de détenir LA solution miracle. Autant vous le dire tout de suite : c’est comme la recette magique pour maigrir sans régime et sans sport, ça n’existe pas. Et au final, c’est à vous de faire le tri dans tous ces conseils et ces idées, car c’est vous qui savez ce qui est le plus important pour vous et pour votre enfant, ce qui va marcher pour votre famille. Pour les trucs vraiment graves (genre « ne pas balancer son enfant par la fenêtre »), il y a la loi et les services sociaux.

Alors s’il vous plaît, mesdames et messieurs les donneurs de leçon, arrêtez de nous prendre pour des buses, merci, on sait très bien comment élever nos enfants, mais on finirait presque par l’oublier à force de se faire répéter à longueur de journée qu’on est incompétents.

 

Noël à Pâques 22 mars 2008

Aujourd’hui j’ai reçu mon lot de 16 P’tit en 1 de chez Ptits dessous, avec les inserts ad hoc et quelques doublures pour la nuit, ainsi que des stocks de papier Popli (si ceci vous paraît incompréhensible, voir ici). J’étais comme une gamine devant mon colis, à comparer et à admirer tous les coloris. Même le Coq qui a accepté de passer aux lavables un peu à reculons s’est laissé gagner par mon enthousiasme. Il va me falloir deux jours je pense pour commencer à les mettre en service (le temps de faire le trempage à l’eau froide puis quelques lavages préliminaires), et ensuite ça sera le test grandeur nature.

En tout cas, je suis encore bluffée par la rapidité et l’efficacité de ce site : commande passée jeudi matin et reçue samedi matin. Par contre il faut savoir qu’ils ne travaillent pas le mercredi (le deuxième effet Kiss cool d’être organisé par des mamans ?). Enfin il y avait exactement ce que j’avais commandé, et comme la dernière fois ils avaient tout bien tassé dans un petit colis. Donc si vous êtes tenté par les lavables je ne peux que vous recommander ce site : articles de qualité, prix raisonnables (et les tarifs sont dégressifs si vous en commandez beaucoup, voir la page Packs journée), livraison express, que demande le peuple ? Bien sûr si vous en avez testé d’autres et avez été satisfait n’hésitez pas à le partager dans les commentaires !

 

Je suis prioritaire ! 20 mars 2008

priorité bidon Aujourd’hui une grande question : la femme enceinte d’un mois mérite-t-elle qu’on lui laisse la priorité (à la caisse, pour s’asseoir dans le métro…) ? Ou est-elle une mythomane qui tente éhontément d’usurper d’intolérables privilèges au détriment des honnêtes citoyens ? Si vous traînez sur ce blog, c’est qu’a priori vous avez été concerné(e) de près, et vous connaissez exactement la réponse. Mais quand je vois certaines des requêtes qui ont mené ici, je vois que le lectorat est varié et me dis qu’il ne serait pas plus mal de remettre les pendules à l’heure.

On croit souvent que ce qui fatigue la femme enceinte c’est d’avoir plusieurs kilos accrochés dans le bide 24 heures sur 24. C’est vrai, c’est fatigant. Mais ça n’est que la partie émergée de l’iceberg. Il y a beaucoup d’autres choses qui sont épuisantes, et cela commence très tôt. Dès que les hormones entrent en jeu les problèmes commencent :

  • sommeil : au premier trimestre surtout, l’afflux de progestérone provoque un début d’hibernation chez petit-bidon-deviendra-grand. On a perpétuellement envie de dormir, on est épuisée.
  • nausées : celui qui a dit « matinales » devait être un homme qui ne savait forcément pas de quoi il parlait. Les nausées commencent effectivement le matin dès que la conscience se rebranche, et durent jusqu’au soir, au moment où on sombre enfin dans les bras de Morphée. Même s’il est 18 heures, prenez garde, la femme qui vous regarde avec des yeux de cocker à la caisse du supermarché va peut-être vomir sur vos chaussures.
  • pipiiiiiii : oui les envies continuelles d’uriner peuvent commencer dès le début de la grossesse

Il y a aussi le léger hic d’avoir un petit parasite branché sur vous. Très rapidement le volume sanguin augmente (jusqu’à 1 litre supplémentaire en fin de grossesse) pour pouvoir satisfaire les besoins du poussin. La fréquence cardiaque augmente pour compenser. Résultat :

  • essoufflement : monter un escalier devient une escalade digne de la face nord du Mont Blanc
  • anémie : avec à la clé petits malaises genre oups je m’écroule

On peut aussi avoir soit de l’hyper- soit de l‘hypotension. J’ai testé la deuxième possibilité, c’est du style je prends ma douche assise parce que debout c’est trop fatigant. Alors 15 minutes de métro debout, pensez-vous, une paille… Il y a aussi l’option hypoglycémie, un peu du même style.

Ajoutons enfin que psychologiquement le premier trimestre est éprouvant : les risques de fausse couche étant les plus importants à ce moment, on n’ose pas trop parler de sa grossesse de peur qu’elle ne tourne court. Et du coup à la moindre tension dans le ventre on se voit déjà perdre son poussin.

Pour les futures pondeuses, rassurez-vous, toutes ces joyeusetés sont en option, vous n’êtes pas obligées de tout cumuler. Certaines restent fraîches comme la rose pendant ce premier trimestre si redouté.

J’ai un poussin qui fait maintenant plus de 9 kilos, et je le porte régulièrement pour me balader. C’est lourd, c’est fatigant. Mais bien moins épuisant qu’être enceinte de deux mois. Je peux vous dire que les premières personnes à céder leur place sont les femmes qui ont des enfants, parce qu’elles savent. Alors si une femme au ventre non proéminent vous demande de la laisser passer, de la laisser s’asseoir, ne la regardez pas comme une hystérique mythomane. Personne n’aime quémander une faveur, quand on en est au point de demander à passer c’est qu’on est vraiment mal. Et personne n’aime qu’on lui vomisse sur les chaussures, donc c’est gagnant-gagnant…

Ce billet a eu l’insigne honneur d’être relu et corrigé par la poule accoucheuse, sage-femme distinguée de son état, que nous espérons revoir bientôt dans cette basse-cour pour faire plus ample connaissance.