La basse-cour de la poule pondeuse

Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants

Allaiter un morphale : quelques pistes de survie 23 février 2008

jaws Tous les conseils et préconisations autour de l’allaitement visent généralement à prévenir et à corriger deux problèmes : un bébé qui ne tète pas bien et/ou pas assez et une mère qui n’a pas assez de lait. C’est tout à fait normal et souhaitable puisque ces soucis peuvent facilement conduire à un abandon précoce et souvent mal vécu de l’allaitement, voire à un risque pour la santé de l’enfant qui perd trop de poids. Mais on ne parle à peu près jamais du « couple » à l’autre bout de l’échelle : Jaws, le bébé morphale aux mâchoires d’acier et sa mère la Prim’Holstein. Comme vous vous doutez, la poule pondeuse et son poussin appartiennent (ou plutôt appartenaient) à cette dernière catégorie. Et c’est uniquement à cette catégorie que les quelques conseils de cet article s’adressent. Je n’ai aucune compétence pour les autres, sinon celle de les adresser aux autorités compétentes justement.

Comment savoir si vous faites partie de cette merveilleuse communauté ? Commençons par Jaws, le prédateur en couches-culottes. A peine frais émergé du ventre maternel, il s’est rué sur votre sein comme la vérole sur le bas-clergé. A la maternité, tout le personnel ébahi constate son incroyable force de succion, et vous vous attendez presque à voir débarquer dans la chambre une délégation menée par le chef de service pour lui remettre la médaille du Téteur de Platine. Il n’est pas à l’air libre depuis 48 heures qu’il a déjà exploré tout le ventre et les pectoraux paternels à la recherche d’un sein nourricier. Votre coq favori arbore d’ailleurs un magnifique suçon sur le bras, et ça n’est pas votre œuvre (on se doute que vous avez autre chose à faire). D’ailleurs vous avez tendance à lui laisser le jeune piranha plus souvent qu’à son tour, vu qu’à moins d’1 mètre de votre généreux décolleté, alléché par l’odeur, il (le bébé, pas le papa) ouvre un large bec et pousse des cris de volume croissant jusqu’à ce que vous colliez votre téton dans le bec en question. D’ailleurs il aura dépassé son poids de naissance avant la fin de sa première semaine.

Et vous ? Si bien stimulée par les mâchoires d’acier, votre montée de lait arrive dans les 48 heures. A partir de là, vous découvrez que telle le Petit poucet, vous semez non pas des miettes mais des gouttes de lait partout où vous allez. Vous consommez 4 paires de coussinets d’allaitement ultra-absorbants par jour et ne quittez votre soutien-gorge que pour la douche sous peine de vivre dans une mare de lait permanente. Quand le poussin prend le sein, il commence par s’étrangler pendant 5 minutes tellement la pression est forte (quand vous lisez que le biberon est une invention infâme car l’enfant ne contrôle pas le débit de lait, ça vous fait doucement rigoler). Si vous aviez réussi à joindre le lactarium, vous seriez probablement devenue leur nouvelle meilleure amie. En attendant, porter une coquille recueil-lait sur un sein pendant que le bébé tète l’autre vous suffit à remplir un 125 ml par jour.

Vous y êtes ?

D’abord on dit généralement que dès qu’un bébé manifeste l’envie de téter, il faut le mettre au sein. Dans votre cas, ce n’est pas forcément la meilleure idée. Les bébés ont en effet pour la plupart besoin de succion non nutritive. Et dans votre situation, entre l’efficacité du poussin et votre débit de lait, dès que le bébé est au sein, il mange. Il ne sait pas « tétouiller », c’est-à-dire mâchonner le sein sans manger. Et votre sein ne semble jamais se tarir. Cerise sur le gâteau, si vous le laissez au sein trop longtemps il va vomir toute sa tétée. Vous découvrez que cet estomac n’est finalement pas sans fond. Ô joie, ô bonheur, vous pensez l’avoir enfin rassasié pour plus d’1h30, et à la place vous (votre poussin, votre lit, votre fauteuil…) baignez dans du lait à peine digéré. Quant au poussin, il a l’estomac vide. Donc une demi-heure plus tard, il a encore faim. Et vos seins, si bien stimulés, vont produire encore plus de lait. Vous songez à vous vendre comme nourrice pour quintuplés mais vos pauvres tétons écrabouillés aimeraient bien avoir un temps de répit.

Donc dans votre cas, il faut que le bébé puisse téter autre chose pour apaiser ce besoin. Il y a bien son pouce, mais c’est rare qu’il le trouve avant 3-4 mois. Il vous reste votre auriculaire (ou celui du papa, qu’il se rende un peu compte de ce que vous vivez), la tétine ou un biberon d’eau. Là c’est vraiment à vous de voir ce qui convient le mieux à tout le monde. Vous constaterez peut-être qu’il y a des moments où le bébé va pleurer au sein mais se calmer en tétant votre doigt.

Essayez de repérer le temps maximum d’une tétée (par exemple pas plus de 45 minutes) et d’établir un temps minimum entre deux débuts de tétées (1h30 – 2h). Evidemment il ne faut pas être rigide, ce sont de simples repères. Par exemple si l’enfant est malade, si vous voulez « acheter » son silence dans un lieu public, ou s’il fait très chaud (le lait devient alors plus dilué pour que l’enfant tète plus souvent et soit mieux hydraté), n’hésitez pas à le mettre au sein plus souvent. Pour le faire « tenir » entre les tétées, donnez-lui votre doigt ou une tétine et évitez de lui mettre la tête dans votre décolleté qui sent le lait à 300 mètres (préférez l’épaule). C’est un aspect un peu frustrant de l’allaitement dans ce cas : vous n’osez pas trop faire de câlin à votre bébé entre les tétées (qui ne sont pas forcément une partie de plaisir les premières semaines). Par contre le papa en profite bien (qui a dit que l’allaitement excluait les pères ?) !

On vous répètera aussi qu’il n’y a pas besoin de faire de rot au sein. Quand vous aurez observé 5 minutes de tétée à haute pression, vous réaliserez rapidement qu’une petite pause-rot s’impose, surtout si le pépère râle et se tortille.

Si vous avez besoin d’un peu d’air, essayez de recueillir un peu de lait pour faire un biberon (au début, évitez de tirer mécaniquement trop de lait pour limiter la stimulation) que le père pourra donner pendant que vous faites un petit tour/une sieste. Pour ce type de bébé la confusion sein-tétine est rarement un risque. Au contraire il arrive qu’il refuse carrément le biberon. Dans ce cas-là patience et longueur de temps font mieux que force ni que rage.

Craignez l’engorgement comme la peste et faites très attention à bien alterner les deux seins (n’hésitez pas à donner les deux à chaque tétée, même si c’est juste 5 minutes pour le deuxième). Je ferai bientôt un billet sur le sujet.

Généralement après un mois ou deux, les tétées s’espacent et se régulent graduellement, et votre production de lait s’adapte gentiment. Comme la plupart des femmes, l’allaitement devient plus simple et plus agréable vers 2-3 mois. Dommage, c’est la fin du congé maternité.

Enfin je suis bien consciente que ces problèmes, si insignifiants soient-ils, ne concernent pas la majorité, loin de là. Mais d’une part je connais personnellement plusieurs femmes qui se sont trouvées dans ce cas, et d’autre part ça n’est à peu près jamais évoqué dans les documents sur l’allaitement, que j’ai trouvé peu adaptés quand je pataugeais dans mon propre lait.

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Dormir enceinte 22 février 2008

dodo Au premier trimestre, c’est généralement loin d’être un problème. Contrairement à la plupart des nouveaux-nés, on dormirait bien 20 heures sur 24 (voire plus le week-end). Donc le souci serait plutôt de ne pas dormir. Comme pour beaucoup d’autres choses, le deuxième trimestre est souvent (mais pas toujours) le plus facile. Mais plus on s’arrondit et plus les choses se corsent.

D’abord, que faire de ce gros bide ? Il n’y a pas de solution idéale, et de toute façon la femme enceinte supporte mal de rester longtemps dans la même position. Sachez que si vous êtes bien sur le ventre, le bébé ne risque absolument rien puisqu’il est dans une poche d’eau. On ne peut pas l’écraser. Par contre vos intérieurs eux risquent de se sentir sérieusement tassés. Mais tant que ça ne vous dérange pas… Si vous dormez sur le côté, ne vous forcez pas à dormir à gauche. Le « risque » de se mettre à droite est que l’utérus appuie sur votre veine cave, ce qui cause un petit malaise sans gravité. Donc tant que vous êtes bien à droite, restez-y. Pour un maximum de confort, il faut remonter la jambe supérieure jusqu’à ce que l’angle de la hanche soit inférieur à 90°. En clair, essayer de mettre son genou sous le menton. Sur toutes les photos et images que j’ai trouvées, le genou est trop bas. Pour éviter que votre jambe écrase votre ventre, calez-la avec le coussin d’allaitement. Si votre lit n’est pas très grand et que votre tendre moitié s’y trouve aussi, préférez un oreiller ou un petit coussin, ou virez la tendre moitié sur le canapé. Si vous le pouvez, prenez deux coussins, un pour chaque côté. N’hésitez pas à expérimenter pour trouver la meilleure façon de vous caler. Surélever les jambes peut aussi vous être plus agréable.

Un autre problème peut être celui des remontées acides de l’estomac dès que vous vous mettez en position horizontale. Essayez d’abord de surélever votre tête, pour vous allier la gravité (pour une fois qu’elle va vous être utile la bougresse). Un petit truc simple est d’arrêter les produits laitiers après 17-18 heures (selon l’heure à laquelle vous vous couchez), en particulier les produits « crus » (style yaourt, de toute façon le camembert vous n’y avez pas droit). Oui parce que la poule pondeuse qui vous parle a bien mis trois semaines à réaliser que la mozzarella grillée qui s’étalait sur sa pizza était bel et bien un produit laitier. Mais ça n’avait pas l’air de poser de problème alors… Des flocons d’avoine (mais sans lait) peuvent aussi vous aider si le problème résiste.

Si vous avez des crampes, faites-vous prescrire des compléments de magnésium, ou mangez des bananes. Au passage, 1 ou 2 bananes, un petit verre de lait, un coup de mixer et voilà un petit milk shake délicieux ET diététique. On peut rajouter de la glace si on est moins diététique/plus gourmande.

Les insomnies risquent de vous perturber aussi, même si -comme votre amie la poule pondeuse- vous n’êtes pas très stressée. Plutôt que de vous retourner deux heures dans le lit à vous répéter comme un mantra « il faut que je dorme », levez-vous, mangez un petit quelque chose, bouquinez un truc tranquille (genre une BD sympa, évitez le dernier Harlan Coben ou Primo Levi), regardez une débilité à la télé, jouez au solitaire, que sais-je. Et recouchez-vous quand vous sentez le sommeil revenir. Evidemment, si vous travaillez, ça va être dur de vous lever à 7h si vous n’avez pas dormi de 3 à 5. Si ça vous épuise, parlez-en au médecin ou à la sage-femme qui vous suit pour qu’il vous arrête. Un bon praticien ne mégotera pas pour vous accorder quelques semaines de congé supplémentaire si vous êtes très fatiguée. Et n’oubliez pas que vous devez travailler 40 ans jusqu’à la retraite. Alors ne culpabilisez pas pour un mois de congé mat’ supplémentaire.

Pour le pipi toutes les heures, désolée mais je ne crois pas qu’il existe de solution (sonde urinaire ?).

Le dernier mois, il est recommandé de protéger son matelas au cas où vous perdiez les eaux au lit (la dernière chose que vous voulez en rentrant de la maternité est un lit sinistré façon Titanic -mais sans Leonardo). Soit une alèse en plastique, soit un truc plus petit (genre un vieux rideau de douche) que vous placez à l’endroit critique.

N’hésitez pas à nous faire partager vos « trucs » dans les commentaires. Et quoi qu’il en soit, profitez bien de ces nuits parce que ça ne va pas durer…

(photo Corbis trouvée sur http://www.famili.fr/grossesse/407-sante/4705-en_forme_pendant_neuf_mois/3492-enceinte_comment_bien_dormir/)

 

La révolution du popotin 21 février 2008

Filed under: Couches lavables,Ecologie,Tests — poulepondeuse @ 7:50
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lavable Tiraillée par ma conscience écologique, motivée par l’appât du gain, j’ai craqué. Je viens de commander quatre couches lavables (que des modèles différents bien sûr) avec la pléïade d’accessoires ad hoc chez Ptits Dessous. Pourquoi chez eux ? Il y a pas mal de modèles différents et un petit guide interactif pour choisir que j’ai trouvé pratique. Evidemment j’ai au préalable vérifié avec la nounou que ça ne lui poserait pas de problème. Et là surprise : ni elle ni l’autre maman (dont la fille est gardée avec mon poussin) n’ont jamais entendu parler des lavables (à part les vieux trucs de nos grands-mères) ! Moi naïvement je pensais qu’il y avait deux catégories de parents : ceux qui utilisaient les lavables et ceux qui avaient la flemme d’utiliser les lavables. Ben non, une troisième catégorie existe : ceux qui ne savent pas qu’il y a une vie en dehors de Pampers & co.

Pour le moment, je fais un essai et je me réserve à tout moment la possibilité de tout revendre et de revenir aux jetables. Et je vous tiendrai au courant du test (vue l’influence majeure de ce blog, je vous rassure, je reste totalement indépendante du lobby surpuissant des couches lavables).

Reste à avouer la vraie raison de ce revirement, le petit truc qui m’a fait cliquer sur « payer par CB » (sachant que la facture de mon petit test s’élève quand même à une centaine d’euros, alors pour l’appât du gain, ahem, on repassera). Comme vous le voyez sur la photo (de chez Ptits dessous), c’est quand même vachement plus mignon que les jetables non ?

 

Le nouveau père

Coq

Depuis hier, ça fait sept ans qu’il y a un coq dans ma basse-cour. Alors aujourd’hui je lui rends hommage par ce texte, publié il y a quelques mois sur Ladiesroom (un site sympa auquel je participe un peu).

Je voudrais aujourd’hui rendre hommage au nouveau père, en l’occurrence celui de mon fils.

Par nouveau père, je ne veux pas seulement dire jeune papa, mais décrire une nouvelle façon d’aborder la paternité. Evidemment, mon homme est un cas particulier, mais divers témoignages d’ami(e)s me poussent à imaginer qu’il n’est pas tout seul, et qu’une nouvelle vague d’hommes envahit la France.

Qu’est-ce que le nouveau père ? D’abord, le nouveau père veut un enfant, au moins autant que sa femme. Parfois c’est même lui qui doit vous convaincre, alors que vous êtes réticente à l’idée de bouleverser votre carrière, votre corps, bref votre vie. Quand les essais commencent, il fait les cent pas dans la salle de bains avec vous en guettant l’apparition de la deuxième ligne. Une fois les choses mises en route, il est aussi heureux que vous et se met en quatre pour faciliter votre vie de bidon qui gonfle. Il vous accompagne aux échographies, et va faire les magasins pour tester les soixante-douze modèles de poussettes. Il va à Carrouf sans vous (il faut vous reposer) et revient avec des bodys cromeugnons pour le bébé. Certes il a pris d’abord la taille naissance (trop petit), puis du 12 mois (”Je croyais qu’on allait avoir un gros bébé !”), mais c’est l’intention qui compte.

Il trouve que sa femme est magnifique enceinte, lui fait l’amour quand elle a envie et la laisse tranquille quand elle a la libido dans les chaussettes. Il vient visiter la maternité alors qu’il préfèrerait attendre au bistrot d’en face en fumant des cigares, et il se retient de demander si lui aussi pourrait avoir du gaz hilarant pendant l’accouchement. Il passe une demi-journée à s’entraîner à fixer le siège auto dans la voiture. Il fait patiemment la demi-douzaine d’aller-retour à la maternité (avec chargement et déchargement des trois valises qui contiennent le minimum vital pour survivre à 3 jours d’hôpital avec un nouveau-né) quand vous croyez accoucher mais qu’en fait non. Il renonce à appeler l’enfant Nouveau père Junior et se rallie au prénom que vous avez choisi.

Le jour J, il se fait broyer la main avec le sourire à chaque contraction, et vous masse les reins alors que vous attendez la péridurale. Il se demande à quoi il sert mais il reste stoïque sur sa petite chaise pendant des heures à attendre, sans demander toutes les cinq minutes si c’est bientôt fini. Il ne filme ni ne photographie l’accouchement (coefficient de glamour de la femme à ce moment-là : même Angelina Jolie fait penser à Raymonde Bidochon). Il ne se formalise pas que la moitié de l’hôpital (y compris un jeune interne avec un petit air du Dr Carter) soit venue admirer en long, en large et en travers l’intimité de son épouse. Il n’est pas tombé dans les pommes quand il a vu la quantité de sang que vous avez perdue.

Une fois le bébé arrivé, c’est lui qui va apprendre à le changer, le baigner, et faire les soins du cordon pendant que vous tentez de vous reposer (vous aurez tout le temps de vous y mettre). Certes il a mis le pyjama à l’envers et vous avez dû lui répéter trois fois qu’il y a dans le sac un savon spécial que vous avez choisi après avoir fait dix-sept pharmacies pour laver le bébé. Mais vous pouvez rester couchée, et ça, après trente heures de contractions, c’est très appréciable. L’inconvénient c’est qu’une légère angoisse vous étreint quand il part le soir et qu’elle ne vous quitte que lorsqu’il revient le matin.

Le nouveau père a décidé de combattre le baby blues à la racine. A la maternité, il vous apporte des croissants pour le petit déj ainsi que votre bouilloire et votre thé préféré, car comme par hasard votre bébé a toujours faim quand votre petit déjeuner arrive. Et vous n’êtes pas fan du Lipton Yellow froid. Il mange le steack bouilli fourni par l’hôpital et vous apporte les sushis dont vous rêvez depuis neuf mois. Il vous imprime tous les emails de félicitation que vous recevez et empêche les importuns de venir vous admirer en slip filet les seins à l’air (on vous a dit de faire sécher les crevasses).

A votre retour, vous trouvez l’appartement propre et les courses faites. Tous les jours, des jus de fruits frais vous attendent pour votre petit déjeuner, et il veille jalousement sur votre stock de chocolat (votre consommation habituelle a quadruplé). Il fait les cent pas dans l’appartement avec le bébé quand c’est la seule chose qui le calme. Il ne vous envoie pas dormir dans la chambre du bébé pour avoir des nuits tranquilles (après tout vous allaitez, il n’a pas grand chose à faire). Il prend son congé paternité pour s’occuper de vous et du bébé, ce qui vous évite de voir votre mère et/ou votre belle-mère s’installer chez vous.

Une fois que la routine s’installe, vous devenez un binôme de choc: prépare le biberon pendant que je lui donne les vitamines, je nettoie le matelas à langer pendant que tu le rhabilles, etc. La nuit, vous lui découvrez des trésors de patience avec un bébé qui détecte à la seconde si vous êtes debout ou assis, ou si vous tentez de le poser dans son lit, croyant naïvement qu’il s’est endormi. Certes, il est incapable de lui choisir une tenue pour la journée, se bat dix minutes avec la gigoteuse pour l’ouvrir ou la fermer, et dit n’avoir pas la moindre idée de quoi mettre dans le sac à langer (note: vous non plus vous n’avez pas le sac à langer inné, vous réfléchissez cinq minutes). Mais il connaît les horaires de repas du bébé, la nourriture à préparer, l’état de son érythème fessier et tous ces petits détails triviaux.

Il sait respecter la tradition et dégainer les diamants pour vous féliciter d’avoir produit un petit être aussi parfait.

Il sait aussi que votre travail est important et emmène le bébé chez la nounou tous les matins pour que vous puissiez arriver à l’heure. C’est d’ailleurs la seule personne au monde à qui vous laissez votre bébé sans appréhension ni liste de trente pages de recommandations et instructions.

Oui, le nouveau père est votre alter ego parental. Grâce à lui, vous pouvez être la mère, l’amante (le nouveau père n’est rebuté ni par votre ventre qui pendouille ni par vos soutien-gorge d’allaitement) et la businesswoman sans avoir l’impression de cumuler sept jobs à plein temps.

Le nouveau père est arrivé, et je crois que toute les filles y ont droit. Exigez votre nouveau père (mais ne comptez pas sur le mien, je l’ai je le garde) !

(image : http://www.drawingbusiness.com/portfolio/v/multimedia/Fjord-Rooster.jpg.html)

 

Porter son poussin : comment l’habiller ? 19 février 2008

Filed under: Portage — poulepondeuse @ 8:47
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Une question d’actualité : comment emballer son poussin pour sortir quand on s’adonne aux joies du portage ? Et question subsidiaire : comment habiller le porteur ? Tout d’abord, cela dépend du mode de portage choisi :

  • porte-bébé « classique », qu’il soit ventral baby bjorn ou dorsal porte bb dos
  • porte-bébé « bobo », typiquement l’écharpe echarpe-portebebe.jpg ou le porte-bébé chinois porte bb chinois
    (il y en a plein d’autres, peut-être l’objet d’un futur billet)

Dans le premier cas, en général on habille le poussin comme pour aller dans la poussette (donc avec son pilote pilote) et on peut fixer le porte-bébé par dessus le manteau du porteur. Simple finalement.

Dans le deuxième cas (dont je suis adepte, étant l’heureuse propriétaire d’une écharpe), trois problèmes se posent. D’une part le porte-bébé est très enveloppant, donc le poussin y profite bien de la chaleur du baudet porteur. D’autre part, pour le plus grand confort des deux parties concernées, le porte-bébé doit être parfaitement ajusté. Pas facile si les deux sont habillés en bibendums. Enfin, les jambes du bébé sont la seule partie à dépasser (sauf s’il est tout tout petit), et comme les pantalons ont tendance à remonter quand on l’installe pour le porter, il risque d’avoir carrément les mollets à l’air.

Autant vous dire qu’on n’est pas loin de la quadrature du cercle. Le web fourmille de capes et ponchos à fixer par dessus le porte-bébé, plus ou moins spécifiques, mais l’addition peut être salée. Si vous avez dompté la machine à coudre, vous pouvez probablement vous bricoler quelque chose avec un carré de polaire. Par contre, si vous optez pour le portage sur le dos, il est à mon avis impossible d’enfiler le bidule au poussin à moins de bénéficier de l’aide d’une autre personne. Il existe aussi des manteaux pour envelopper Quasimodo et sa bosse ensemble, à des prix généralement astronomiques. Si en plus on ne porte qu’occasionnellement, ça ne vaut pas forcément l’investissement.

Et pourtant, une solution simple existe : le surpyjama Surpyjama (ici un modèle Eveil et Jeux). Pour ceux qui ne connaissent pas, ça ressemble fichtrement à un pyjama, mais c’est plus large, et c’est souvent en polaire ou dans un tissu chaud. Donc on peut facilement le mettre par dessus les vêtements, c’est assez mince et souple, et ça protège parfaitement les petits mollets grassouillets. Et si le poussin a trop chaud, on peut toujours laisser le haut ouvert. Pour le porteur, si on porte devant on peut mettre son manteau habituel sans le fermer, et si on porte sur le dos, mettre plusieurs couches de t-shirts et pulls pas trop épais puis emballer le tout dans un châle.

Enfin cet investissement (relativement modique, surtout si vous achetez en solde ou en grande surface) pourra être largement rentabilisé, puisqu’on peut l’utiliser à la place de la gigoteuse pour la nuit ou comme robe de chambre (en général, les tailles supérieures à 12 mois ont des picots antidérapants sous les pieds pour éviter que les marcheurs en herbe ne patinent). Enfin c’est aussi pratique pour le siège auto, dans lequel il est fortement déconseillé de mettre un enfant en combinaison pilote car cela entrave l’ajustement des ceintures. Sans compter qu’en général les voitures sont chauffées, donc le pilote devient vite un sauna. Et si le poussin s’est endormi, vous pouvez le coucher directement sans passer par les cases déballage/emballage.

Et dans tous les cas, n’oubliez pas le bonnet !

 

Faire un plan de naissance ? 16 février 2008

accouchement La médicalisation parfois injustifiée des naissances conduit un nombre croissant de femmes à vouloir reprendre le contrôle de cet événement exceptionnel. Un des moyens mis en oeuvre est la rédaction d’un plan de naissance. Il s’agit d’un document dans lequel la mère ou les deux parents expriment leurs souhaits quant au déroulement de l’accouchement, aux gestes qu’ils souhaitent voir pratiquer ou non, et à l’accueil de l’enfant. Un exemple peut être trouvé ici.

Personnellement, autant je trouve qu’il est absolument essentiel de réfléchir à la façon dont on souhaite que son bébé vienne au monde, autant je ne suis pas persuadée que ce soit la meilleure façon de le communiquer à l’équipe soignante. Le problème à mon sens est que les quelques exemples trouvés sur le net sont extrêmement directifs : « on fera ça, on ne fera pas ça ». Je suis bien consciente qu’il y ait un certain nombre de mères et de parents qui se soient sentis mal accueillis et infantilisés par le personnel des maternités, et je ne veux en aucun cas minimiser leur souffrance, mais j’ai peur que ce retour de balancier soit un peu extrême. Si vous arrivez à la maternité persuadés que médecins, sages-femmes et infirmières sont un mal nécessaire qu’il va falloir contenir par tous les moyens possibles et imaginables, et que de toute façon ils n’y connaissent rien et ne pensent qu’à vous rendre malheureux, ils risquent de vouloir vous donner raison ! Par ailleurs, l’accouchement est par définition complètement imprévisible, donc arriver avec un plan bien défini peut souvent conduire à des déceptions. N’oublions pas non plus que certaines pratiques dont on a peut-être abusé et qui déchaînent l’ire des partisans de la naissance naturelle (césarienne, épisiotomie, ocytocynes, forceps etc), sont inévitables dans certains cas. Si les femmes et enfants morts en période périnatale sont si rares dans notre société, c’est aussi grâce à elles.

Pour autant, faut-il aller accoucher « les yeux fermés » en se reposant totalement sur le corps médical ? C’est à chaque mère de se poser la question de ce qu’elle aimerait pour son accouchement, sur ses priorités (par exemple sur la péridurale). La préparation à l’accouchement, surtout si elle est assurée par la maternité choisie, est un bon moment pour échanger avec les sages-femmes et voir les possibilités proposées par l’établissement, ainsi que la politique générale du service. C’est aussi l’occasion de poser ses questions et de voir comment les souhaits de chacune peuvent être respectés ou non dans ce cadre. Il est aussi utile d’en discuter avec le père (ou la personne qui viendra avec la mère le jour J), afin de voir avec lui quelle pourra être sa place (inutile de vous battre pour qu’il coupe le cordon si la seule pensée lui donne des hauts-le-coeur), et aussi pour qu’il puisse vous aider à faire respecter vos choix. On tend à l’oublier, mais on est plus impressionnable allongée à moitié nue et tenaillée par les douleurs des contractions.

C’est la démarche que j’ai suivie personnellement, et le jour J j’ai rapidement proposé aux sages-femmes de garde qu’on discute de la façon dont je voyais les choses. Elles ont très bien accueilli mes demandes et j’ai vraiment senti qu’elles faisaient tout leur possible pour les satisfaire. Chaque geste pratiqué a fait l’objet d’une discussion préalable, et je trouve que cela fait toute la différence. Et j’étais dans un grand hôpital public parisien de niveau 3 (le plus haut niveau de médicalisation), pas vraiment le style accouchement sous-marin avec les dauphins au son des djembés. Mettre les choses par écrit n’est pas forcément rhédibitoire (surtout si vous avez peur d’oublier certains points dans la panique du moment), je pense que c’est plutôt la façon de présenter les choses qui fait la différence.

Mais n’oublions pas que toutes ne sont pas concernées par ces propos: on peut être clouée au lit pour menace d’accouchement prématuré et ne pas faire de préparation, accoucher tellement vite qu’on a à peine le temps de dire bonjour à la sage-femme, se faire proposer une césarienne pour une raison médicale si évidente que la discussion ne peut porter que sur d’autres sujets… Et vous ?

(BD : Stone soup de Jan Eliot)

 

Grand moment de solitude 15 février 2008

Filed under: J'avoue — poulepondeuse @ 7:24
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Se démaquiller avec les cotons destinés à nettoyer les fesses du poussin. Et la réciproque : se retrouver face à un cacatomique de première classe (le genre qu’à côté l’Erika c’est soft, qu’heureusement qu’il n’y a pas de cormorans chez vous et que vous risquez un débarquement imminent de Greenpeace) et ne pouvoir lutter qu’avec des petits cotons démaquillants.

Par contre je n’ai pas encore eu à tenter le démaquillage au liniment (« Chérie ? Tu sens comme les fesses du poussin, c’est normal ? ») et le nettoyage de fesses au démaquillant. Je vous tiens au courant. Promis.