La basse-cour de la poule pondeuse

Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants

Le nouveau père 21 février 2008

Coq

Depuis hier, ça fait sept ans qu’il y a un coq dans ma basse-cour. Alors aujourd’hui je lui rends hommage par ce texte, publié il y a quelques mois sur Ladiesroom (un site sympa auquel je participe un peu).

Je voudrais aujourd’hui rendre hommage au nouveau père, en l’occurrence celui de mon fils.

Par nouveau père, je ne veux pas seulement dire jeune papa, mais décrire une nouvelle façon d’aborder la paternité. Evidemment, mon homme est un cas particulier, mais divers témoignages d’ami(e)s me poussent à imaginer qu’il n’est pas tout seul, et qu’une nouvelle vague d’hommes envahit la France.

Qu’est-ce que le nouveau père ? D’abord, le nouveau père veut un enfant, au moins autant que sa femme. Parfois c’est même lui qui doit vous convaincre, alors que vous êtes réticente à l’idée de bouleverser votre carrière, votre corps, bref votre vie. Quand les essais commencent, il fait les cent pas dans la salle de bains avec vous en guettant l’apparition de la deuxième ligne. Une fois les choses mises en route, il est aussi heureux que vous et se met en quatre pour faciliter votre vie de bidon qui gonfle. Il vous accompagne aux échographies, et va faire les magasins pour tester les soixante-douze modèles de poussettes. Il va à Carrouf sans vous (il faut vous reposer) et revient avec des bodys cromeugnons pour le bébé. Certes il a pris d’abord la taille naissance (trop petit), puis du 12 mois (”Je croyais qu’on allait avoir un gros bébé !”), mais c’est l’intention qui compte.

Il trouve que sa femme est magnifique enceinte, lui fait l’amour quand elle a envie et la laisse tranquille quand elle a la libido dans les chaussettes. Il vient visiter la maternité alors qu’il préfèrerait attendre au bistrot d’en face en fumant des cigares, et il se retient de demander si lui aussi pourrait avoir du gaz hilarant pendant l’accouchement. Il passe une demi-journée à s’entraîner à fixer le siège auto dans la voiture. Il fait patiemment la demi-douzaine d’aller-retour à la maternité (avec chargement et déchargement des trois valises qui contiennent le minimum vital pour survivre à 3 jours d’hôpital avec un nouveau-né) quand vous croyez accoucher mais qu’en fait non. Il renonce à appeler l’enfant Nouveau père Junior et se rallie au prénom que vous avez choisi.

Le jour J, il se fait broyer la main avec le sourire à chaque contraction, et vous masse les reins alors que vous attendez la péridurale. Il se demande à quoi il sert mais il reste stoïque sur sa petite chaise pendant des heures à attendre, sans demander toutes les cinq minutes si c’est bientôt fini. Il ne filme ni ne photographie l’accouchement (coefficient de glamour de la femme à ce moment-là : même Angelina Jolie fait penser à Raymonde Bidochon). Il ne se formalise pas que la moitié de l’hôpital (y compris un jeune interne avec un petit air du Dr Carter) soit venue admirer en long, en large et en travers l’intimité de son épouse. Il n’est pas tombé dans les pommes quand il a vu la quantité de sang que vous avez perdue.

Une fois le bébé arrivé, c’est lui qui va apprendre à le changer, le baigner, et faire les soins du cordon pendant que vous tentez de vous reposer (vous aurez tout le temps de vous y mettre). Certes il a mis le pyjama à l’envers et vous avez dû lui répéter trois fois qu’il y a dans le sac un savon spécial que vous avez choisi après avoir fait dix-sept pharmacies pour laver le bébé. Mais vous pouvez rester couchée, et ça, après trente heures de contractions, c’est très appréciable. L’inconvénient c’est qu’une légère angoisse vous étreint quand il part le soir et qu’elle ne vous quitte que lorsqu’il revient le matin.

Le nouveau père a décidé de combattre le baby blues à la racine. A la maternité, il vous apporte des croissants pour le petit déj ainsi que votre bouilloire et votre thé préféré, car comme par hasard votre bébé a toujours faim quand votre petit déjeuner arrive. Et vous n’êtes pas fan du Lipton Yellow froid. Il mange le steack bouilli fourni par l’hôpital et vous apporte les sushis dont vous rêvez depuis neuf mois. Il vous imprime tous les emails de félicitation que vous recevez et empêche les importuns de venir vous admirer en slip filet les seins à l’air (on vous a dit de faire sécher les crevasses).

A votre retour, vous trouvez l’appartement propre et les courses faites. Tous les jours, des jus de fruits frais vous attendent pour votre petit déjeuner, et il veille jalousement sur votre stock de chocolat (votre consommation habituelle a quadruplé). Il fait les cent pas dans l’appartement avec le bébé quand c’est la seule chose qui le calme. Il ne vous envoie pas dormir dans la chambre du bébé pour avoir des nuits tranquilles (après tout vous allaitez, il n’a pas grand chose à faire). Il prend son congé paternité pour s’occuper de vous et du bébé, ce qui vous évite de voir votre mère et/ou votre belle-mère s’installer chez vous.

Une fois que la routine s’installe, vous devenez un binôme de choc: prépare le biberon pendant que je lui donne les vitamines, je nettoie le matelas à langer pendant que tu le rhabilles, etc. La nuit, vous lui découvrez des trésors de patience avec un bébé qui détecte à la seconde si vous êtes debout ou assis, ou si vous tentez de le poser dans son lit, croyant naïvement qu’il s’est endormi. Certes, il est incapable de lui choisir une tenue pour la journée, se bat dix minutes avec la gigoteuse pour l’ouvrir ou la fermer, et dit n’avoir pas la moindre idée de quoi mettre dans le sac à langer (note: vous non plus vous n’avez pas le sac à langer inné, vous réfléchissez cinq minutes). Mais il connaît les horaires de repas du bébé, la nourriture à préparer, l’état de son érythème fessier et tous ces petits détails triviaux.

Il sait respecter la tradition et dégainer les diamants pour vous féliciter d’avoir produit un petit être aussi parfait.

Il sait aussi que votre travail est important et emmène le bébé chez la nounou tous les matins pour que vous puissiez arriver à l’heure. C’est d’ailleurs la seule personne au monde à qui vous laissez votre bébé sans appréhension ni liste de trente pages de recommandations et instructions.

Oui, le nouveau père est votre alter ego parental. Grâce à lui, vous pouvez être la mère, l’amante (le nouveau père n’est rebuté ni par votre ventre qui pendouille ni par vos soutien-gorge d’allaitement) et la businesswoman sans avoir l’impression de cumuler sept jobs à plein temps.

Le nouveau père est arrivé, et je crois que toute les filles y ont droit. Exigez votre nouveau père (mais ne comptez pas sur le mien, je l’ai je le garde) !

(image : http://www.drawingbusiness.com/portfolio/v/multimedia/Fjord-Rooster.jpg.html)

 

Porter son poussin : comment l’habiller ? 19 février 2008

Filed under: Portage — poulepondeuse @ 8:47
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Une question d’actualité : comment emballer son poussin pour sortir quand on s’adonne aux joies du portage ? Et question subsidiaire : comment habiller le porteur ? Tout d’abord, cela dépend du mode de portage choisi :

  • porte-bébé « classique », qu’il soit ventral baby bjorn ou dorsal porte bb dos
  • porte-bébé « bobo », typiquement l’écharpe echarpe-portebebe.jpg ou le porte-bébé chinois porte bb chinois
    (il y en a plein d’autres, peut-être l’objet d’un futur billet)

Dans le premier cas, en général on habille le poussin comme pour aller dans la poussette (donc avec son pilote pilote) et on peut fixer le porte-bébé par dessus le manteau du porteur. Simple finalement.

Dans le deuxième cas (dont je suis adepte, étant l’heureuse propriétaire d’une écharpe), trois problèmes se posent. D’une part le porte-bébé est très enveloppant, donc le poussin y profite bien de la chaleur du baudet porteur. D’autre part, pour le plus grand confort des deux parties concernées, le porte-bébé doit être parfaitement ajusté. Pas facile si les deux sont habillés en bibendums. Enfin, les jambes du bébé sont la seule partie à dépasser (sauf s’il est tout tout petit), et comme les pantalons ont tendance à remonter quand on l’installe pour le porter, il risque d’avoir carrément les mollets à l’air.

Autant vous dire qu’on n’est pas loin de la quadrature du cercle. Le web fourmille de capes et ponchos à fixer par dessus le porte-bébé, plus ou moins spécifiques, mais l’addition peut être salée. Si vous avez dompté la machine à coudre, vous pouvez probablement vous bricoler quelque chose avec un carré de polaire. Par contre, si vous optez pour le portage sur le dos, il est à mon avis impossible d’enfiler le bidule au poussin à moins de bénéficier de l’aide d’une autre personne. Il existe aussi des manteaux pour envelopper Quasimodo et sa bosse ensemble, à des prix généralement astronomiques. Si en plus on ne porte qu’occasionnellement, ça ne vaut pas forcément l’investissement.

Et pourtant, une solution simple existe : le surpyjama Surpyjama (ici un modèle Eveil et Jeux). Pour ceux qui ne connaissent pas, ça ressemble fichtrement à un pyjama, mais c’est plus large, et c’est souvent en polaire ou dans un tissu chaud. Donc on peut facilement le mettre par dessus les vêtements, c’est assez mince et souple, et ça protège parfaitement les petits mollets grassouillets. Et si le poussin a trop chaud, on peut toujours laisser le haut ouvert. Pour le porteur, si on porte devant on peut mettre son manteau habituel sans le fermer, et si on porte sur le dos, mettre plusieurs couches de t-shirts et pulls pas trop épais puis emballer le tout dans un châle.

Enfin cet investissement (relativement modique, surtout si vous achetez en solde ou en grande surface) pourra être largement rentabilisé, puisqu’on peut l’utiliser à la place de la gigoteuse pour la nuit ou comme robe de chambre (en général, les tailles supérieures à 12 mois ont des picots antidérapants sous les pieds pour éviter que les marcheurs en herbe ne patinent). Enfin c’est aussi pratique pour le siège auto, dans lequel il est fortement déconseillé de mettre un enfant en combinaison pilote car cela entrave l’ajustement des ceintures. Sans compter qu’en général les voitures sont chauffées, donc le pilote devient vite un sauna. Et si le poussin s’est endormi, vous pouvez le coucher directement sans passer par les cases déballage/emballage.

Et dans tous les cas, n’oubliez pas le bonnet !

 

Faire un plan de naissance ? 16 février 2008

accouchement La médicalisation parfois injustifiée des naissances conduit un nombre croissant de femmes à vouloir reprendre le contrôle de cet événement exceptionnel. Un des moyens mis en oeuvre est la rédaction d’un plan de naissance. Il s’agit d’un document dans lequel la mère ou les deux parents expriment leurs souhaits quant au déroulement de l’accouchement, aux gestes qu’ils souhaitent voir pratiquer ou non, et à l’accueil de l’enfant. Un exemple peut être trouvé ici.

Personnellement, autant je trouve qu’il est absolument essentiel de réfléchir à la façon dont on souhaite que son bébé vienne au monde, autant je ne suis pas persuadée que ce soit la meilleure façon de le communiquer à l’équipe soignante. Le problème à mon sens est que les quelques exemples trouvés sur le net sont extrêmement directifs : « on fera ça, on ne fera pas ça ». Je suis bien consciente qu’il y ait un certain nombre de mères et de parents qui se soient sentis mal accueillis et infantilisés par le personnel des maternités, et je ne veux en aucun cas minimiser leur souffrance, mais j’ai peur que ce retour de balancier soit un peu extrême. Si vous arrivez à la maternité persuadés que médecins, sages-femmes et infirmières sont un mal nécessaire qu’il va falloir contenir par tous les moyens possibles et imaginables, et que de toute façon ils n’y connaissent rien et ne pensent qu’à vous rendre malheureux, ils risquent de vouloir vous donner raison ! Par ailleurs, l’accouchement est par définition complètement imprévisible, donc arriver avec un plan bien défini peut souvent conduire à des déceptions. N’oublions pas non plus que certaines pratiques dont on a peut-être abusé et qui déchaînent l’ire des partisans de la naissance naturelle (césarienne, épisiotomie, ocytocynes, forceps etc), sont inévitables dans certains cas. Si les femmes et enfants morts en période périnatale sont si rares dans notre société, c’est aussi grâce à elles.

Pour autant, faut-il aller accoucher « les yeux fermés » en se reposant totalement sur le corps médical ? C’est à chaque mère de se poser la question de ce qu’elle aimerait pour son accouchement, sur ses priorités (par exemple sur la péridurale). La préparation à l’accouchement, surtout si elle est assurée par la maternité choisie, est un bon moment pour échanger avec les sages-femmes et voir les possibilités proposées par l’établissement, ainsi que la politique générale du service. C’est aussi l’occasion de poser ses questions et de voir comment les souhaits de chacune peuvent être respectés ou non dans ce cadre. Il est aussi utile d’en discuter avec le père (ou la personne qui viendra avec la mère le jour J), afin de voir avec lui quelle pourra être sa place (inutile de vous battre pour qu’il coupe le cordon si la seule pensée lui donne des hauts-le-coeur), et aussi pour qu’il puisse vous aider à faire respecter vos choix. On tend à l’oublier, mais on est plus impressionnable allongée à moitié nue et tenaillée par les douleurs des contractions.

C’est la démarche que j’ai suivie personnellement, et le jour J j’ai rapidement proposé aux sages-femmes de garde qu’on discute de la façon dont je voyais les choses. Elles ont très bien accueilli mes demandes et j’ai vraiment senti qu’elles faisaient tout leur possible pour les satisfaire. Chaque geste pratiqué a fait l’objet d’une discussion préalable, et je trouve que cela fait toute la différence. Et j’étais dans un grand hôpital public parisien de niveau 3 (le plus haut niveau de médicalisation), pas vraiment le style accouchement sous-marin avec les dauphins au son des djembés. Mettre les choses par écrit n’est pas forcément rhédibitoire (surtout si vous avez peur d’oublier certains points dans la panique du moment), je pense que c’est plutôt la façon de présenter les choses qui fait la différence.

Mais n’oublions pas que toutes ne sont pas concernées par ces propos: on peut être clouée au lit pour menace d’accouchement prématuré et ne pas faire de préparation, accoucher tellement vite qu’on a à peine le temps de dire bonjour à la sage-femme, se faire proposer une césarienne pour une raison médicale si évidente que la discussion ne peut porter que sur d’autres sujets… Et vous ?

(BD : Stone soup de Jan Eliot)

 

Grand moment de solitude 15 février 2008

Filed under: J'avoue — poulepondeuse @ 7:24
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Se démaquiller avec les cotons destinés à nettoyer les fesses du poussin. Et la réciproque : se retrouver face à un cacatomique de première classe (le genre qu’à côté l’Erika c’est soft, qu’heureusement qu’il n’y a pas de cormorans chez vous et que vous risquez un débarquement imminent de Greenpeace) et ne pouvoir lutter qu’avec des petits cotons démaquillants.

Par contre je n’ai pas encore eu à tenter le démaquillage au liniment (« Chérie ? Tu sens comme les fesses du poussin, c’est normal ? ») et le nettoyage de fesses au démaquillant. Je vous tiens au courant. Promis.

 

Conseil gratuit en allaitement 12 février 2008

Filed under: Allaitement — poulepondeuse @ 10:13
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allaitement Une information qui peut intéresser les jeunes et futures mamans : le site Materneo propose les services gratuits d’une intervenante en allaitement. Vous lui envoyez un e-mail et elles vous répond dans les 24 heures. N’étant plus concernée je n’ai pas pu tester (et je ne veux pas l’embêter avec des fausses requêtes). N’oubliez pas non plus que la sécu rembourse un certain nombre de visites à domicile d’une sage-femme libérale après l’accouchement (j’ai eu beau fouiller le web, impossible d’en trouver le nombre). Et ça, j’ai personnellement testé et approuvé !

Merci à Christine Fourquet du blog bébé pour l’info.

 

Le concept du continuum 11 février 2008

Continuum Comme beaucoup de parents, je lis un peu tout ce qui me tombe sous la main lorsqu’il s’agit d’éducation et de comment s’y prendre avec nos poussins. En général, ce qui me plaît le plus, ce sont les auteurs qui prônent grosso modo de faire selon son intuition sans trop se prendre la tête (ahem, d’où l’intérêt de lire ce genre de bouquin…). Récemment j’ai voulu en savoir plus sur le concept du continuum, la bible du maternage. Pour vous rassurer immédiatement sur ma crédibilité de blogueuse, je ne l’ai pas lu. Malgré tout, j’ai fait un grand tour sur le site officiel et je pense en avoir retiré la substantifique moëlle. N’hésitez pas à me reprendre dans les commentaires et à nous faire profiter de votre expérience.

L’auteur, Jean Liedloff, a participé à plusieurs expéditions au Venezuela où elle a pu partager la vie des Indiens Yequanas dans la forêt amazonienne. Ayant constaté à quel point ce peuple et en particulier leurs enfants avaient l’air heureux et paisible, elle a tenté de comprendre les bases de leurs principes d’éducation. Voici les principaux points qu’elle a développés :

  • le bébé doit être depuis la naissance en contact physique permanent avec sa mère ou une autre personne ; il ne doit quitter les bras (ou un porte-bébé) que vers 6-8 mois lorsqu’il commence à se déplacer
  • il doit dormir dans le lit de ses parents (avec les parents bien sûr) jusqu’à ce qu’il le quitte de sa propre initiative (généralement vers 2 ans)
  • il faut l’allaiter complètement à la demande
  • on doit répondre immédiatement à ses demandes (faim, sommeil, câlin, etc) sans dévaluer l’enfant comme pénible, mais sans non plus en faire le centre de l’attention

Bon, autant vous dire que ça ne me paraît pas transposable tel quel au mode de vie occidental (au mien en tout cas). En même temps, ça n’est pas très grave, car notre mode de vie n’est pas celui des Yequanas, donc il ne me semble pas choquant que les enfants y soient préparés différemment. Ce qui me semble le plus intéressant, c’est le dernier point, celui qui à mon sens est le corps de cette théorie.

L’idée de répondre à la demande aux besoins de l’enfant (ou au moins du nouveau-né) est de plus en plus populaire en Occident. Cette pratique centrée sur l’enfant peut tendre à le mettre sur un piédestal et à lui donner un sentiment de toute-puissance. Pour Jean Liedloff, c’est nocif. L’enfant a besoin de sentir que l’adulte qui s’en occupe sait ce qu’il fait et ce qu’il veut, et pas qu’il recherche son assentiment pour chaque acte simple du quotidien. En outre, c’est l’enfant qui doit s’intégrer dans la vie de ses parents et non l’inverse. Elle prône ainsi que les parents vaquent à leurs activités habituelles en compagnie de l’enfant sans chercher ni à en faire le centre ni à le repousser. Si au cours de cette activité l’enfant manifeste un besoin, il faudrait y répondre simplement puis retourner à cette activité dès que le besoin est satisfait, voire si c’est possible continuer ce qu’on faisait en s’occupant de l’enfant. Pour elle, les enfants sont naturellement sociaux, c’est-à-dire que leur disposition innée est de collaborer avec les adultes et de participer à leurs activités.

Je trouve ceci extrêmement intéressant pour plusieurs raisons. D’une part, cela va à l’encontre de l’idée reçue selon laquelle une éducation plutôt fusionnelle et à l’écoute de l’enfant devrait obligatoirement créer de petits tyrans. D’autre part, je suis largement déculpabilisée de tous ces moments où je suis avec mon poussin sans vraiment m’occuper de lui (sans parler de toutes ces tétées pendant lesquelles j’ai bouquiné, parlé au téléphone, regardé la (trash) télé… shame on me !).

Evidemment, tout ceci est très séduisant sur le papier : des enfants calmes et heureux, des parents qui n’élèvent jamais la voix… N’oublions pas que les Indiens Yequanas vivent quasi-nus (« tu vas mettre tes chaussures oui ! »), n’ont pas de canapé Roche Bobois en soie sauvage écrue (« aaaaah nooooooon pas le nutella »), ne doivent pas aller à l’école ou chez le pédiatre (« dépêche-toi maintenant on est en retard »), et n’ont pas de gadgets coûteux (« arrrgll mon iphone dégouline de bave »). En prime ils profitent d’une structure sociale resserrée où la mère peut facilement confier son enfant à sa famille ou à d’autres enfants plus grands.

Malgré tout, ces pistes me semblent intéressantes. Quelqu’un a testé ?

 

Bonne conscience 6 février 2008

Filed under: 0-3 mois,12-24 mois,6-12 mois,Ecologie — poulepondeuse @ 11:41
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Couches

A vous tou(te)s qui avez la flemme de passer aux couches lavables et de sillonner les magasins bio pour trouver des couches écologiques, mais qui ne pouvez réprimer un soupçon de culpabilité à chaque fois que vous ouvrez votre poubelle à couches… Je viens de découvrir que les couches Pampers avaient obtenu la mention très bien au Öko-Test 2005 (un test de qualité écologique organisé par un magazine allemand). Comme les couches écolos jetables (évidemment, les lavables sont plus écolos que n’importe quelle jetable) !

Plus de détails sur ce site :

http://vivian.marrot.org/dossiers.php?page=sp_okotest_couches

(dessin trouvé sur http://www.planete-terra.fr/;328-20.html)

 

Choisir des vêtements de bébé 3 février 2008

tshirtVous voulez faire un cadeau de naissance. Vous optez comme la plupart des gens pour des vêtements. Commencez par vous poser cette question simple : connaissez-vous vraiment les goûts des jeunes parents ? Etes-vous sûr(e) qu’ils aimeront cet adorable pyjama vert fluo avec un gros Winnie l’ourson ?
La suite s’applique aussi aux futurs et jeunes parents désireux d’habiller leur progéniture.

Premier problème : taille et saison. Il faut savoir que les bébés dont l’âge et la taille de vêtement correspondent sont assez rares. Et que la croissance des chérubins est rarement régulière.
Règle n° 1 : Ne pas acheter une taille inférieure ou égale à l’âge de l’enfant (sauf si vous voulez habiller le petit frère)
Règle n°2 : Si vous décidez de voir loin, et donc d’offrir du 12-18-24 mois à un petit bébé, évitez de prendre un vêtement trop typé sur une saison (comme un short ou une salopette doublée en polaire). On ne peut pas savoir à l’avance si l’enfant fera du 12 mois à 6 ou à 15 mois. Et c’est en tant que mère qui doit mettre des shorts (avec des collants quand même, ou plutôt des babylegs) au mois de janvier à son fils sous peine de ne jamais les sortir du placard que je vous parle. Une salopette ou un pantalon long en coton ou en jean sera nettement plus prudent.

Deuxième problème : les vêtements qui ne vont avec rien. C’est vrai, ce petit pull à rayures vertes et jaunes est adorable. Mais sachant que la garde-robe du bébé comporte déjà trois salopettes à rayures (dans l’autre sens, les rayures) et deux pantalons à carreaux (bleus et rouges), avec quoi va-t-il le mettre ? D’autant plus que sur 60 cm, les contrastes sont encore plus criants que sur 1m80. Encore un vêtement qui risque d’être porté deux fois.

Troisième problème : les vêtements pas pratiques. Avant 6 mois (en âge de l’enfant, pas en taille), il vaut mieux éviter les gilets zippés. Certes ça a l’air pratique. Mais un bébé n’a quasiment pas de cou et avant de tenir assis, il est tout tassé. Donc le zip lui cisaille le dessous du menton, ce qui n’est pas très agréable. Sa posture (et le fait qu’il a un gros bidon) entraîne aussi un mouvement anti-gravitationnel de son t-shirt. Ainsi, un adorable ensemble t-shirt pantalon le condamne à se retrouver le nombril à l’air. A 3 mois, c’est dommage. Je n’ai pas testé les petites filles, mais j’ai cru comprendre que c’est le même problème avec les petites robes. Mieux vaut tabler sur salopettes, bodys et combinaisons. Pensez aussi au système d’ouverture. Les tout petits bébés (jusqu’à 1-2 mois, mais ça dépend des specimens) n’aiment pas trop qu’on leur enfile des trucs par la tête. Et il est essentiel de pouvoir accéder au fessier du poussin sans le déshabiller complètement (malheureusement il y a des gens pour vendre des salopettes non pressionnées à l’entrejambe et d’autres pour les acheter).

Et dans tous les cas, demandez un ticket d’échange (et choisissez une boutique facile à trouver). Des t-shirts qui sont sûrs de plaire : c’est ici.

(Bon je râle, je râle, mais évidemment j’adore recevoir des cadeaux pour mon poussin -Noël pendant tout l’été, génial !- et je suis infiniment reconnaissante à tous ceux qui ont eu la gentillesse de nous gâter. Et nous avons reçu beaucoup de petites tenues totalement craquantes. C’est juste que je trouve ça vraiment dommage de voir certaines de ces adorables attentions rester dans l’armoire.)

 

Le retour des régleuses ? 1 février 2008

Bébé interditIl y a quelques mois, une émission anglaise « Bringing up baby » défrayait la chronique en proposant à plusieurs familles les services d’experts pour les aider à s’occuper de leur nouveau-né. Le concept de l’émission en lui-même est déjà dérangeant : utiliser des bébés tout juste rentrés de la maternité comme cobayes et comme aimants à audimat attirerait de ce côté de la Manche les foudres du CSA (espérons-le) .

Mais le plus choquant dans ce programme était la présence de Claire Verity, la nounou des stars (Jerry Hall et Sting auraient eu recours à ses services, pour la modique somme de £1000 par jour !). Cette femme (qui n’a pas eu d’enfants) part du principe que le bébé est un ennemi qui vient déranger votre routine quotidienne, et qu’il ne faut pas se laisser manipuler par un être si retors. Au programme : biberon toutes les quatre heures, en évitant de rencontrer le regard de l’enfant (allaitement fortement déconseillé), pas plus de 10 minutes de câlin par jour, mettre le bébé dans sa chambre de 19h à 7h et ne pas intervenir (éventuellement les premières semaines un biberon par nuit est toléré). Et entre les biberons : mettre le bébé dehors dans son landau pendant que ses parents restent à l’intérieur à vaquer à leurs occupations (au moins les cris sont moins pénibles).

Ainsi, si on ne répond jamais à ses pleurs, le nouveau-né comprendra rapidement qu’ils ne servent à rien et cessera de pleurer. Et il arrêtera d’emmerder ses parents qui pourront à peine rentrés de la maternité organiser une petite sauterie et siroter tranquillement un mojito bien frappé avec leurs amis pendant que le petit chieur se tient à carreau dans sa chambre.

Actuellement, de telles propositions paraissent choquantes, et heureusement la politique générale dans les maternités et chez les pédiatres français privilégie la proximité entre la mère et son enfant et prône nourriture et sommeil à la demande. Mais jusque dans les années 1960, ces pratiques étaient assez répandues chez nous, notamment dans la bourgeoisie où les mères avaient recours à des régleuses, qui s’occupaient -comme leur nom l’indique- de régler les horaires du bébé. Celui-ci devait manger ce qu’on lui proposait quand on le lui proposait, et ne plus se réveiller la nuit (ou plutôt de ne plus réveiller ses parents). Or on sait maintenant, après les travaux de Spock (pas celui avec les oreilles pointues), Winnicott, Brazelton et bien d’autres, que l’affection et le contact sont aussi essentiels à un nouveau-né que le lait ou le sommeil.

Personnellement, je considère les pratiques de Claire Verity comme de la maltraitance. Et je trouve inadmissible que ce soit présenté en prime time comme une méthode possible pour élever son enfant (et pourtant je suis une vraie fan de la trash TV, mais tant que les participants sont majeurs et consentants). Attention, je ne dis pas que chaque point pris séparément constitue une maltraitance (quoi que de laisser un bébé hurler de faim….) ou qu’il est mal d’essayer d’établir une routine avec son bébé. Mais honnêtement, pourquoi s’emmerder à faire un enfant si c’est pour le considérer comme un petit chieur à dresser le plus vite possible et l’enfermer dehors toute la journée ? Dans ce cas-là, autant prendre un pit-bull.

 

Comment congeler une purée

Votre petit poussin grandit, et commence à manger des purées et compotes. Evidemment, vous êtes des parents parfaits et décidez que foin des préparations industrielles, il mangera des bons petits plats préparés amoureusement par sa maman ou son papa. On passera pudiquement sur la demi-heure qu’il vous a fallu pour réduire en purée lisse 2 cm² de jambon -pendant que le poussin hurlait qu’il avait la dalle. Au bout de quelques jours, l’organisation s’impose. Le congélateur devient votre nouveau meilleur ami. Mais dans quel récipient congeler ces kilos de carottes, courgettes, pommes et autres délicieux poulets vapeur ? Il y a bien sûr les adeptes des bons vieux tupperwares, mais on ne sait pas exactement quelle quantité mettre dans une portion (selon l’appétit du poussin), et puis vous n’avez pas très envie de les taguer, et une fois congelés pas évident de reconnaître le haricot du brocoli. Evidemment vous pourriez avoir un congélateur parfaitement organisé, mais en fait non. Les magasins de puériculture ont bien sûr une floppée de solutions plus ou moins ruineuses à cette question. Et la poule pondeuse vous suggère… ceci :

glacons1.jpg

Un simple bac à glaçon souple, dans lequel vous congelez des petits dés de purée. Une fois qu’ils ont bien pris, vous pouvez les transférer dans un sac à congélation que vous pourrez facilement étiqueter. Et le moment venu, décongeler le bon nombre de glaçons pour ne pas gâcher de ces si bonnes purées.

Et si vous stérilisez au préalable le bac à glaçon, ça marche aussi pour le lait maternel.

Voilà, c’était la minute Bree Van De Kamp de la poule pondeuse.