La basse-cour de la poule pondeuse

Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants

Faire un plan de naissance ? 16 février 2008

accouchement La médicalisation parfois injustifiée des naissances conduit un nombre croissant de femmes à vouloir reprendre le contrôle de cet événement exceptionnel. Un des moyens mis en oeuvre est la rédaction d’un plan de naissance. Il s’agit d’un document dans lequel la mère ou les deux parents expriment leurs souhaits quant au déroulement de l’accouchement, aux gestes qu’ils souhaitent voir pratiquer ou non, et à l’accueil de l’enfant. Un exemple peut être trouvé ici.

Personnellement, autant je trouve qu’il est absolument essentiel de réfléchir à la façon dont on souhaite que son bébé vienne au monde, autant je ne suis pas persuadée que ce soit la meilleure façon de le communiquer à l’équipe soignante. Le problème à mon sens est que les quelques exemples trouvés sur le net sont extrêmement directifs : « on fera ça, on ne fera pas ça ». Je suis bien consciente qu’il y ait un certain nombre de mères et de parents qui se soient sentis mal accueillis et infantilisés par le personnel des maternités, et je ne veux en aucun cas minimiser leur souffrance, mais j’ai peur que ce retour de balancier soit un peu extrême. Si vous arrivez à la maternité persuadés que médecins, sages-femmes et infirmières sont un mal nécessaire qu’il va falloir contenir par tous les moyens possibles et imaginables, et que de toute façon ils n’y connaissent rien et ne pensent qu’à vous rendre malheureux, ils risquent de vouloir vous donner raison ! Par ailleurs, l’accouchement est par définition complètement imprévisible, donc arriver avec un plan bien défini peut souvent conduire à des déceptions. N’oublions pas non plus que certaines pratiques dont on a peut-être abusé et qui déchaînent l’ire des partisans de la naissance naturelle (césarienne, épisiotomie, ocytocynes, forceps etc), sont inévitables dans certains cas. Si les femmes et enfants morts en période périnatale sont si rares dans notre société, c’est aussi grâce à elles.

Pour autant, faut-il aller accoucher « les yeux fermés » en se reposant totalement sur le corps médical ? C’est à chaque mère de se poser la question de ce qu’elle aimerait pour son accouchement, sur ses priorités (par exemple sur la péridurale). La préparation à l’accouchement, surtout si elle est assurée par la maternité choisie, est un bon moment pour échanger avec les sages-femmes et voir les possibilités proposées par l’établissement, ainsi que la politique générale du service. C’est aussi l’occasion de poser ses questions et de voir comment les souhaits de chacune peuvent être respectés ou non dans ce cadre. Il est aussi utile d’en discuter avec le père (ou la personne qui viendra avec la mère le jour J), afin de voir avec lui quelle pourra être sa place (inutile de vous battre pour qu’il coupe le cordon si la seule pensée lui donne des hauts-le-coeur), et aussi pour qu’il puisse vous aider à faire respecter vos choix. On tend à l’oublier, mais on est plus impressionnable allongée à moitié nue et tenaillée par les douleurs des contractions.

C’est la démarche que j’ai suivie personnellement, et le jour J j’ai rapidement proposé aux sages-femmes de garde qu’on discute de la façon dont je voyais les choses. Elles ont très bien accueilli mes demandes et j’ai vraiment senti qu’elles faisaient tout leur possible pour les satisfaire. Chaque geste pratiqué a fait l’objet d’une discussion préalable, et je trouve que cela fait toute la différence. Et j’étais dans un grand hôpital public parisien de niveau 3 (le plus haut niveau de médicalisation), pas vraiment le style accouchement sous-marin avec les dauphins au son des djembés. Mettre les choses par écrit n’est pas forcément rhédibitoire (surtout si vous avez peur d’oublier certains points dans la panique du moment), je pense que c’est plutôt la façon de présenter les choses qui fait la différence.

Mais n’oublions pas que toutes ne sont pas concernées par ces propos: on peut être clouée au lit pour menace d’accouchement prématuré et ne pas faire de préparation, accoucher tellement vite qu’on a à peine le temps de dire bonjour à la sage-femme, se faire proposer une césarienne pour une raison médicale si évidente que la discussion ne peut porter que sur d’autres sujets… Et vous ?

(BD : Stone soup de Jan Eliot)

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4 Responses to “Faire un plan de naissance ?”

  1. Blandine Says:

    Après une naissance prématurée (« Je ne peux pas accoucher j’ai même pas commencé les cours! » « Ne vous inquiétez pas ça se fait naturellement! »; c’est vrai qu’il y a quelques années on n’apprenait pas à accoucher) et un accouchement très médicalisé, j’avais décidé pour le 2e de prendre les choses en main… Pour commencer: des cours d’haptonomie dès 4 mois (je vous le conseille même si vous êtes cartésienne comme moi, prenez ça comme un moment privilégié à 3 avec le Papa et le bébé); une chambre prête dès 7 mois, une valise prête dès 8 mois (je suis superstisieuse)… Et la fameuse péridurale? Ben oui parce qu’un 1er bébé d’1kg660 ça passe tout seul mais un bébé à terme?! Après y avoir mûrement réfléchi tout en faisant mes exercices sur le fameux ballon d’accouchement, j’avais décidé de voir le moment venu. Et oui, sauf que le moment venu rien ne se passe comme prévu! Un départ la nuit, une arrivée sur les chapeaux de roues à l’hôpital et un accouchement en 1h sans péridurale (« Trop tard ma p’tite dame! ») dans les vestiaires du personnel!!!
    Bref à toutes celles qui rêvent du départ à la maternité après avoir perdu les eaux, main dans la main avec le Papa, de l’arrivée du bébé tout rose après quelques contractions dans une chambre aussi rose, je préfère vous prévenir: Laurence Pernoud vous a menti… ce n’est pas toujours aussi simple!

  2. Hé hé oui j’ai pensé à toi en écrivant cet article… Dans le genre rien ne se passe comme prévu…

  3. Julie Says:

    j’aime bien la référence à Laurence Pernoud MDR

    pour le 2eme j’aimerais bien controler un peu plus, si c’est possible.. encore une fois il faut la maternité qui va avec je pense… mais bon, on va deja le faire, et ensuite on verra, au pire, ce sera à la maison…

  4. Eh oui sacrée Laurence…


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